« C’est un coup de massue » : le malaise grandit après la disparition de corps et de scellés à la morgue du CHUM

Selon nos informations revélées ce mardi (5 mai), le service de la morgue du CHU de Martinique est actuellement au cœur d’une tourmente judiciaire.

Plusieurs enquêtes ont été déclenchées pour des faits d’une extrême gravité, notamment la disparition de dépouilles et d’objets placés sous scellés, plongeant l’établissement dans un profond malaise.

Une institution sous le choc des révélations

L’affaire, mise en lumière par notre rédaction, fait état de dysfonctionnements majeurs au sein du service mortuaire, désormais sous le radar de la justice depuis plusieurs semaines.

Interrogé sur ces faits troublants, Jean-Pierre Jean-Louis, secrétaire général de FO Santé, exprime son désarroi face au manque de communication de la hiérarchie hospitalière :

Puisque l’administration ne nous a pas informés de cette situation, et qu’il y a par ailleurs une affaire juridique en cours sur laquelle je ne peux pas me prononcer, d’autant que je n’ai pas encore pu échanger avec mes collègues qui travaillent dans ce service, pour lequel je me suis beaucoup investi. J’ose espérer que nous nous verrons très bientôt et j’ose espérer qu’ils auront un droit de réponse, car j’ignore s’ils sont accusés à tort et je ne peux pas trancher, mais je me sens très mal par rapport à ce qui circule sur les ondes et dans toutes les bouches en Martinique. Je le répète encore une fois, c’est un service pour lequel je me suis beaucoup donné, pour le respect de la dignité humaine et l’amélioration des conditions de travail de mes collègues qui étaient particulièrement pénibles. Malheureusement, quand on entend de telles choses, c’est un coup de massue. Je ne peux donc que déplorer cette situation. On pense aux autres puisque nous sommes des acteurs de la santé, mais nous ne sommes même pas en mesure d’être informés convenablement sur les dysfonctionnements à l’hôpital. Malheureusement, c’est par vous que nous l’apprenons, et je suis très, très touché par cette situation. Je suis très respectueux de la dignité humaine et, si des corps ont effectivement disparu, laissons maintenant le soin à la justice d’éclaircir l’affaire. De toute façon, il faut faire confiance à la justice, donc nous attendons.

L’incompréhension face au silence de la direction

Alors que le CHU fait déjà face à de multiples défis structurels, cette nouvelle crise semble aggraver le sentiment d’accablement chez les représentants du personnel.

Le secrétaire général de FO Santé souligne la difficulté d’obtenir des clarifications de la part de la direction et s’inquiète des conséquences pour les familles endeuillées :

La direction n’a pas souhaité nous recevoir sur ce sujet, mais j’irai chercher l’information car je suis encore vraiment remonté contre cette situation. On n’avait vraiment pas besoin de ça au CHU. Nous avons déjà tellement de problèmes que nous n’arrivons pas à régler et, malheureusement, ce coup-ci vient nous anéantir encore davantage. D’autant plus que ce sont des familles qui sont concernées ; ce sont des deuils que l’on doit faire et que l’on ne peut pas encore accomplir. Je me mets donc à la place de ces familles, tout comme je me mets à la place de mes collègues qui sont pointés du doigt alors qu’ils sont peut-être innocents dans cette histoire. Maintenant, je pense qu’il conviendrait de poser la question au médecin légiste qui a porté plainte. Il est nécessaire que l’administration se prononce et qu’elle donne un droit de réponse à nos collègues pour savoir ce qu’il en est, car je suis vraiment démuni devant cette situation. Je n’ai pas plus d’informations, mais je suis réellement touché par cette problématique, d’autant que je me suis donné corps et âme pour cet hôpital avec mon organisation syndicale. Quand on pointe le CHU du doigt, c’est moi que l’on vise, c’est mon gagne-pain et celui de tout le monde.

L’attente des conclusions judiciaires

Face aux interrogations sur d’éventuels manquements professionnels au sein du service, le représentant syndical préfère rester prudent, tout en réitérant sa consternation face à la manière dont ces informations lui sont parvenues :

Je ne peux pas parler de manquement puisque, de mon côté, je ne sais rien. Je ne peux pas les pointer du doigt, je n’ai pas été mis au courant. Je n’ai été informé ni par mes collègues, ni par la direction, ni même par les familles. C’est donc vous qui nous apprenez tout cela. Le plus triste dans cette histoire, c’est justement que j’apprenne cela de cette façon. Notre outil de travail est pointé du doigt et cela me pose un véritable problème. Je suis très touché par cette situation, pour les familles qui n’arrivent pas à faire leur deuil et pour mes collègues, car nous ne connaissons pas encore la vérité. Désormais, laissons à la justice le soin d’éclaircir cette situation. Je continuerai à me battre pour mon hôpital et pour mes collègues, mais cette situation, je la vis très mal avec mon organisation syndicale, et je pense que l’ensemble des agents sont également consternés par tout cela.

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