La ville de Dieppe se vante d’être une ville verte depuis plusieurs années. La protection de la faune et de la flore est au cœur de ses politiques et arrêtés municipaux. Depuis juillet 2024, les papillons monarque ont leur propre résidence d’été près du centre aquatique. Les efforts de la municipalité pour protéger cette espèce en voie de disparition ont été récompensés avec l’attribution de la certification (argent) «Ville amie des monarques de Nature NB».
Cette distinction est attribuée en partenariat avec la Fondation David Suzuki.
La certification argent signifie que la municipalité a complété 15 des 24 actions du programme développé par des organismes internationaux.
Dieppe devient la septième agglomération du Nouveau-Brunswick à se voir décerner cet honneur depuis 2025, après St-Andrews, Fredericton, Hampton, le District rural de Fundy, Shediac, Tantramar et Cap-Acadie.
Le maire Yvon Lapierre s’est dit enthousiaste de l’engagement pris par la municipalité
«Dieppe ayant à cœur la préservation de l’environnement pour les générations futures, la certification allait de pair avec nos valeurs de développement durable. C’est pourquoi venir en aide à cet insecte migrateur en sérieux danger nous a interpellés», explique-t-il.
«Nous voulons que nos efforts collectifs fassent une différence dans cette lutte pour la survie du papillon».
En plus des engagements pris par la municipalité, les citoyens seront eux aussi appelés à participer à différentes actions afin de contribuer à la restauration de l’habitat du monarque.
«Les municipalités jouent un rôle crucial dans la conservation du monarque et de son habitat», mentionne Vanessa Roy-McDougall, directrice générale de Nature NB.
«Elles peuvent poser des gestes simples qui ont un impact essentiel quant à la survie de l’espèce ainsi que d’autres pollinisateurs, en plus de sensibiliser leurs citoyens à l’importance de prendre part à cet effort de conservation.»
Rappelons que le papillon monarque est une espèce menacée.
Sa population a chuté drastiquement au cours des deux dernières décennies.
Les scientifiques attribuent ce déclin à la dégradation et à la perte d’habitats de reproduction.
Afin d’inciter les municipalités à poser des gestes concrets pour protéger le monarque, la Fondation David Suzuki, en partenariat avec l’Espace pour la vie, a lancé l’initiative Ville amie des monarques qui vise la mise en place de mesures visant la restauration des habitats du monarque et la sensibilisation des citoyens.
Alexandre Truchon-Savard, directeur de la gestion de l’environnement à Dieppe, estime que les différentes mesures environnementales prises par la municipalité portent fruit.
«La modification de l’arrêté sur le gazon a été un gros morceau. Nous laissons maintenant les gens laisser pousser leur végétation à longueur désirée, ce qui permet de supporter des plantes indigènes», précise-t-il.
«Nous avons de plus créé des espaces dédiés aux pollinisateurs dans les parcs.»
Le monarque a besoin de l’asclépiade (milkweed) pour pondre ses œufs car la chenille se nourrit exclusivement de ces plantes.
Il existe plusieurs espèces d’asclépiades à travers l’Amérique du Nord mais elles ont toutes la propriété d’être toxiques aux herbivores, sauf pour la chenille du monarque.
«Le papillon se nourrit du nectar de diverses fleurs pour faire le plein d’énergie donc un ensemble varié de fleurs près de l’asclépiade est également une bonne mesure de conservation», avance Alexandre Truchon-Savard.
«Nos aménagements à Dieppe sont donc composés d’asclépiades et de plantes à fleurs qui offrent du nectar tout au long de la saison.»
Des centaines de milliers de papillons monarques résidents à Dieppe duant l’été. – Gracieuseté

Le coordonnateur des communications à Nature NB, Samuel Legresley, et le directeur de la gestion de l’environnement à Dieppe, Alexandre Truchon-Savard. – Acadie Nouvelle: Stéphane Paquette
Un grand migrateur
Les monarques qui quittent le Nouveau-Brunswick vont se rendre jusqu’au Mexique pour hiverner.La génération de monarque qui va revenir est née quelque part au nord des États-Unis et va engendrer la génération des «super papillons» qui eux vont grandir ici puis migrer à leur tour jusqu’au Mexique.
«C’est vraiment une belle bête à suivre avec les efforts de migrations du Mexique jusqu’à ici. Quand on explique ça aux enfants, ils deviennent tous émerveillés. C’est vraiment impressionnant. C’est aussi un papillon emblématique très apprécié du public», ajoute le directeur de la gestion de l’environnement.
On ne sait pas exactement combien de papillons monarques résidant à Dieppe durant l’été (on parle de plusieurs centaines de milliers), mais les estimations semblent démontrer que le nombre d’individus est à la hausse.
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