Pour la deuxième fois seulement dans son histoire, Haïti participera à la Coupe du monde de soccer et pour sa grande diaspora montréalaise, il s’agit d’un événement absolument incontournable.
Petit-fils d’immigrants haïtiens, Charles Auguste ne manque pas une occasion de rendre hommage à ses racines. Le défenseur du FC Supra du Québec sera au centre des célébrations de vendredi au Stade Boréale, où l’influence de la communauté haïtienne sera célébrée.
Ce match sera présenté sur les ondes de TVA Sports 2 à 19 h.
Auguste connaît bien l’histoire de ses grands-parents, qui sont arrivés à Thetford Mines durant « l’exode des cerveaux » associé à la dictature des Duvalier, dans les années 1960 et 1970. Bien reçus par les Québécois, ils sont devenus la première famille noire de la ville.
« Pendant un certain moment, il avait fait une croix sur le pays, s’est souvenu Charles Auguste en pensant à son grand-père, qui habite toujours à Thetford Mines. Un pays, je ne veux pas dire qui l’a rejeté, mais dans un moment où les intellectuels, les gens qui parlaient contre le gouvernement, n’étaient pas bien vus au pays. Il a décidé de partir. »
L’athlète de 26 ans, quant à lui, a grandi à Boucherville, au sein d’une communauté multiculturelle. Il se considère Québécois-Canadien-Haïtien, ce qui complique légèrement les choses pour la Coupe du monde.
« Honnêtement, je ne sais pas pour qui je vais prendre, a-t-il lancé en riant. Si le Canada a la chance d’affronter Haïti… j’ai grandi au Canada, mais je dois respecter mes ancêtres. Je dois respecter ma culture haïtienne. C’est une culture qui a tellement une histoire extraordinaire. »
Une histoire de résilience
Pour le soccer haïtien, l’année 1974 est la plus importante de son histoire. Le petit pays des Caraïbes s’est qualifié pour la Coupe du monde disputée en Allemagne de l’Ouest, perdant toutefois ses trois matchs du tour préliminaire.
En 2010, le séisme a donné un dur coup à l’équipe nationale avec la mort d’une trentaine de personnes impliquées dans la fédération de soccer. Quinze ans plus tard, le programme est devenu très compétitif.
Aucun match de qualification n’a pu être disputé sur le territoire haïtien en raison du climat politique instable. Ça n’a pas empêché le peuple de se rallier derrière son équipe.
« Le foot, c’est ce qui donne espoir à un peuple, a déclaré Auguste. Quand il y a un match, tout le monde regarde le match. Il n’y a plus d’hostilité dans le peuple haïtien à ce moment-là. Il n’y a plus de guerre, tout le monde fait la paix. »
De l’ambiance à prévoir
D’ailleurs, le Québécois s’attend à ce que les Haïtiens se fassent entendre au cours des prochaines semaines à Montréal. Les jours de match contre le Brésil, le Maroc et l’Écosse seront animés.
« On sait tous que s’il y a des Haïtiens dans le coin, il va y avoir beaucoup de bruit. Il va y avoir beaucoup d’émotions et une bonne ambiance. On va les entendre », a assuré le joueur du Supra.
Dans le futur, Auguste pourrait d’ailleurs représenter son « Haïti chérie ». Il avait reçu un appel de l’équipe des moins de 20 ans pour un camp d’entraînement de deux semaines, il y a huit ans.
« Si jamais on veut mes services comme milieu de terrain ou défenseur droit je suis toujours disponible. »
L’invitation est lancée !
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