Plus de vigilance orange canicule en France, mais d’autres menaces météo planent

THIBAUD MORITZ / AFP

Photo d’illustration d’un éclair près de la Tour Montparnasse lors d’un orage à Paris, le 25 juin 2025.

Sortir de la fournaise, enfin. Alors que la France vient de traverser une canicule inédite, la plus chaude jamais observée pour un mois de mai, les températures vont largement baisser dans la nuit de ce samedi 30 au dimanche 31 mai. Ce rafraîchissement bienvenu entraînera la levée de la vigilance orange canicule pour les derniers départements qui étaient encore concernés. Mais cet épisode de chaleur hors norme laissera place à d’autres aléas, dont de forts orages et un risque accru de feux de forêt.

La vigilance orange à la canicule ne concernait jusqu’à ce samedi soir plus que Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Dans la nuit de samedi à dimanche, « l’arrivée d’une masse d’air un peu moins chaude associée à un vent modéré va permettre le retour à une vigilance de couleur jaune », explique Météo France.

Pour clôturer cet épisode de chaleur, des orages potentiellement violents risquent d’éclater samedi soir et dimanche soir, particulièrement sur le nord du pays, de la Normandie aux Hauts-de-France et aux Ardennes, souligne Keraunos, l’observatoire français des orages et tornades. Les éclairs s’accompagneront de « fortes pluies, grêle, rafales à plus de 90 km/h », ajoute l’organisme dans son dernier bulletin. Et précise enfin qu’un risque « de phénomène tourbillonnaire » n’est pas exclu en Normandie et dans les Hauts-de-France.

Dans ce contexte, Météo France a placé une quarantaine de départements en vigilance jaune aux orages pour le début de soirée samedi, principalement pour le Nord et sud-est du pays. Des orages violents se sont notamment abattus sur l’Oise, avec des averses de grêle. Une dizaine de départements seront toujours concernés par cette vigilance dimanche.

Danger orange aux feux de forêts

Et les experts météo ne regardent pas que le ciel, ils scrutent aussi les forêts. Météo France a ainsi choisi de déclencher dès jeudi soir sa « météo des forêts », avec plusieurs semaines d’avance sur le calendrier habituel, autour de l’été. Ce déclenchement précoce s’explique notamment par l’allongement progressif de la saison des incendies. Comme le souligne Mathieu Regimbeau, responsable Agrométéorologie et Feux de végétation à Météo-France, interrogé par Vosges Matin, dans un scénario où la France connaîtrait un réchauffement supérieur à 4 °C d’ici à 2100, « cela pourrait entraîner une augmentation d’au moins 2 à 3 semaines de la période où les feux de forêt sont les plus intenses, notamment pour les départements du pourtour méditerranéen. »

Ce dimanche, l’Aude est placée en vigilance orange (danger élevé) aux feux de forêts, ce qui signifie que « les conditions météorologiques aggravent significativement le risque de départ et de propagation de feux de forêt et de végétation comparativement aux normales estivales ». Six autres départements du pourtour méditerranéen (Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Var) et trois du centre-ouest (Nièvre, Allier, Deux-Sèvres) sont en jaune (modéré), comme l’atteste la carte ci-dessous. Si elle peut créer des conditions favorables, la météo n’enclenche pour autant par les incendies : 90 % des départs de feu sont liés aux activités humaines, qu’ils soient accidentels ou intentionnels.

Carte Météo des forêts du dimanche 31 mai. L’Aude est en danger orange (élevé) de feux de forêts.

Carte Météo des forêts du dimanche 31 mai. L’Aude est en danger orange (élevé) de feux de forêts.

Des températures de l’eau de mer anormalement élevées

Signe que tout notre environnement subit les effets du dôme de chaleur aggravé par le changement climatique, les températures actuelles de l’eau de mer le long des côtes de l’Hexagone sont « exceptionnellement élevées pour la saison, avec des anomalies atteignant jusqu’à +5 °C par rapport aux normales », indique le météorologiste Guillaume Séchet, sur son compte X. Ces niveaux inédits, présentés sur la carte du tweet ci-dessous, ont des conséquences dramatiques sur les écosystèmes marins.

Il reste encore difficile de mesurer pleinement les conséquences de la vague de chaleur de cette semaine. Les répercussions de cet épisode précoce sur l’agriculture, tout comme l’ampleur des pertes économiques qu’il pourrait entraîner, ne peuvent pas encore être évaluées avec précision.

Cette séquence relance toutefois les interrogations sur la préparation des pouvoirs publics face à la multiplication des événements climatiques extrêmes. Interrogé par l’AFP, Vincent Viguié, économiste spécialisé dans le climat et l’environnement au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement, juge ainsi que le Plan national d’adaptation au changement climatique, présenté en mars 2025, « n’est pas encore à la hauteur des enjeux ». Selon lui, « c’est un plan qui pose beaucoup de diagnostics, mais il y a très peu de mesures, notamment de mesures budgétées. » 

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