La France rouvre les bornes PARAFE aux résidents britanniques et américains malgré les dysfonctionnements persistants du système d’entrée/sortie

Le ministère de l’Intérieur français a discrètement autorisé les ressortissants britanniques, américains et plusieurs autres non-européens résidant en France à réutiliser les bornes automatiques PARAFE dans tous les grands aéroports, ports maritimes, ainsi qu’aux postes Eurostar et Eurotunnel. Jusqu’à hier, la plupart des résidents de pays tiers devaient emprunter les files manuelles plus lentes, le nouveau Système Entrée/Sortie (EES) de l’UE étant en cours de déploiement. Ce changement — confirmé au journal The Connexion le 29 mai — permet désormais aux titulaires de visas long séjour ou de titres de séjour français de franchir la frontière en quelques secondes, en scannant leur passeport et leur visage à la borne, sans faire la queue pour un tampon. Cette mesure est également étendue, à titre expérimental, aux visiteurs de court séjour des mêmes nationalités qui doivent encore s’enregistrer dans le cadre de l’EES.

Comme les bornes biométriques en libre-service fournies par Thales restent hors service dans plusieurs aéroports, la police aux frontières ne capture temporairement que les données alphanumériques contenues dans la puce du passeport lors du passage par la borne PARAFE. L’enregistrement complet du visage et des empreintes digitales — obligatoire selon la réglementation européenne — est reporté jusqu’à stabilisation du logiciel, a précisé le ministère aux journalistes.

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Pour les compagnies aériennes et les responsables voyages d’entreprise, cette réintroduction est un soulagement face aux engorgements. Depuis la mise en service de l’EES le 12 avril, plusieurs aéroports français ont signalé des files d’attente dépassant une heure pour les passagers hors UE. L’association professionnelle UAF a mis en garde contre un « effondrement opérationnel » durant les pics estivaux si les bornes ne sont pas réparées. La compagnie low-cost Ryanair a même demandé à Paris la suspension totale de l’EES pour juillet-août. En pratique, les titulaires de titres de séjour doivent garder leur document à portée de main : certains agents à Paris-CDG et Lyon demandent encore une preuve de résidence à la sortie de la borne. Les visiteurs participant à l’expérimentation peuvent être orientés vers un agent des frontières qui créera un dossier EES unique avant de les diriger vers PARAFE. Le ministère de l’Intérieur précise que cette procédure mixte est légale au titre de la clause de « suspension partielle » de six heures prévue par le règlement EES, et peut être prolongée selon le trafic — au moins jusqu’en septembre, date à laquelle Bruxelles prévoit une capture biométrique complète systématique.

Les entreprises gérant des programmes de voyageurs fréquents doivent mettre à jour leurs consignes de voyage sans délai : les employés britanniques, américains, australiens, néo-zélandais et singapouriens titulaires de visas travail ou talent peuvent de nouveau emprunter la voie PARAFE et récupérer le temps gagné précédemment intégré dans leurs itinéraires. Les équipes mobilité doivent aussi rester attentives aux alertes des compagnies aériennes, car le déploiement des bornes et l’éligibilité aux voies automatiques peuvent encore varier selon les aéroports dans les semaines à venir.

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