Colombie – Ghana : pourquoi les coachs argentins font la loi sur les bancs sud-américains ?

La tactique, cet Évangile

Et la sélection colombienne a conjugué son histoire récente aux coachs argentins. En 2014 déjà, lors de sa plus grande épopée en Coupe du monde, au pays de la samba, on dansait plutôt le tango sur le banc des Cafeteros puisque José Pekerman était aux commandes. Néstor Lorenzo se veut son digne héritier notamment dans les solutions trouvées pour ne pas canaliser la créativité colombienne, tout en lui donnant un cadre.

La RDC a fait vibrer Matonge avant de tomber face à l’Angleterre (PHOTOS)

Car comme le rappelait Gustavo Alfaro, actuel sélectionneur du Paraguay, au Guardian : « En Argentine, nous sommes des passionnés de tactique, nous avons des écoles de pensée différentes qui nous ont façonnés. C’est pour cela qu’ils s’adressent à nous ». Au pays de Maradona, que vous soyez un romantique menottiste adepte du beau jeu, un pragmatique bilardiste, ou un obsessionnel bielsiste : la tactique vous habite.

Les missionnaires du chaos

Mais si les entraîneurs argentins sont si appréciés sur le sol sud-américain, ce n’est pas seulement pour leur passion tactique. Ils parlent déjà la langue, ce qui est un gros avantage. Ils ne sont pas vus comme des étrangers mais plutôt comme des régionaux qui connaissent le continent, ses exigences, la longueur de ses déplacements, la complexité et la diversité de ses équipes.

Ricardo Gareca, sélectionneur du Chili jusqu’en 2025 et qui avait mené en 2018 le Pérou à son premier Mondial depuis 36 ans, le synthétise très bien : « L’Argentin est un cafard. Le cafard est antédiluvien, mais il a survécu à tout. L’Argentin, c’est pareil. Il surmonte toutes les adversités : il joue dans la neige, dans les montagnes, en altitude, sous la chaleur, sans comprendre la langue, à tout moment… ».

Une polyvalence donc, couplée à « un fort caractère et une personnalité qui leur permettent de bien faire leur travail », comme le soulignait en 2023, Mario Kempes, héros du Mondial 78. Le tout se nourrissant d’un football de club argentin chaotique où chaque match se joue à la vie à la mort, où l’échec n’est pas permis.

Face au Ghana, la Colombie jouera donc plus qu’un seizième. Elle défendra une certaine idée du football sud-américain, où le talent s’invente sur le terrain, mais se pense souvent depuis un banc argentin.

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