Coopération douanière, sécurisation renforcée des ports… Que contient le plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic ?
Au terme d’un sommet régional sur la sécurité organisé en Martinique, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, a indiqué ce vendredi 3 juillet que le gouvernement avait adopté un «plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic» focalisé notamment sur la coopération internationale.
Un plan en cinq axes. En marge d’un sommet régional sur la sécurité organisé en Martinique ce vendredi 3 juillet, le ministre Jean-Didier Berger a annoncé l’adoption par le gouvernement d’un «plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic».
Chiffré à 14 millions d’euros, ce plan doit permettre de «traiter le problème à toutes les échelles», via cinq axes d’action, dont le premier touche à la coopération internationale.
Une quarantaine de pays des Caraïbes, des Amériques et d’Europe
Cette coopération devrait «franchir une nouvelle étape à l’issue de cette conférence régionale de sécurité», dont la première édition s’est déroulée jeudi et vendredi sur le campus de Schoelcher de l’université des Antilles.
Jean-Didier Berger a souligné que l’espace caraïbe représentait «un kilo sur quatre de (tous les stupéfiants) saisis en mer dans le monde».
Ainsi, une quarantaine de pays des Caraïbes, des Amériques et d’Europe ont participé à cette conférence au cours de laquelle ils sont convenus de «joindre leurs forces pour entraver l’activité de ces organisations transnationales spécialisées dans le trafic de drogue, d’armes à feu et dans la traite d’êtres humains», avait précisé ce jeudi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Une quarantaine d’accords de coopération prévue
Par ailleurs, Jean-Noël Barrot a souligné que vingt-trois accords de «coopération douanière, militaire ou policière» entre la France et des pays d’Amérique latine et des Caraïbes «sont en cours de signature», en plus de dix-huit déjà signés.
Les États doivent travailler ensemble afin de «pouvoir effectivement l’emporter sur ces multinationales de la criminalité», a poursuivi le chef de la diplomatie, qui a salué la tenue d’un sommet «tout simplement inédit» en matière de sécurité régionale.
De nombreux représentants des pays participants ont souligné cet impératif de coopération face aux réseaux criminels transnationaux. «Aucun pays des Caraïbes, ne peut résoudre efficacement ces problèmes à lui seul», a estimé Roosevelt Skerrit, le Premier ministre de la Dominique, lors d’une allocution.
Le deuxième axe vise à renforcer la sécurisation de l’ensemble des points d’entrée en Martinique et en Guyane, qu’il s’agisse des ports et aéroports, du trait de côte ou des frontières terrestres.
Cette sécurisation peut par exemple se faire par le biais de la «mise en place par la gendarmerie d’un drone moyenne endurance en Guadeloupe pour mieux détecter les trafics en mer» ou encore «la création d’une nouvelle brigade nautique à Saint-Pierre en Martinique et à Gourbeyre en Guadeloupe», a détaillé le gouvernement.
Lutter contre les risques de corruption
Le troisième axe de ce «plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic» prévoit une mobilisation collective pour soutenir les populations locales et renforcer la cohésion sociale, notamment via la lutte contre l’addiction et le renforcement de la présence sur les voies publiques.
Le gouvernement prend pour exemple «la dotation exceptionnelle pour l’équipement en vidéoprotection en Guyane et aux Antilles en 2026» ou encore «la création de nouveaux
programmes de prévention des consommations de stupéfiants à destination des jeunes».
Le quatrième et avant-dernier axe du plan a pour ambition de doter d’instruments supplémentaires les forces de l’ordre pour mieux cibler et frapper les trafiquants et leurs réseaux.
Le dernier axe du «plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic» vise à proposer des outils pour protéger les agents chargés de la lutte contre le narcotrafic, notamment via la mise en place «d’un programme de prévention des risques corruptifs».
«Le plan Antilles Guyane ayant vocation à renforcer durablement les moyens des services de l’État dans ces territoires, d’autres mesures seront mises en œuvre en 2027, sous réserve de l’adoption d’une loi de finances», a par ailleurs précisé le gouvernement dans son communiqué.
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