Côte d’Ivoire : Eni lance la phase 3 du projet pétro-gazier Baleine

Le champ pétro-gazier Baleine situé en Côte d’Ivoire est, à ce jour, le plus grand gisement d’hydrocarbures découvert dans le pays. Entré en production en 2023, il franchit désormais une nouvelle étape de son développement.

En Côte d’Ivoire, la décision finale d’investissement (FID) de la phase 3 du projet pétro-gazier Baleine a été approuvée par la compagnie italienne Eni et ses partenaires Petroci et Vitol.

Selon les autorités ivoiriennes, cette démarche ouvre la voie à un programme d’investissement de 4 milliards de dollars, soit 3,4 milliards d’euros, ce qui portera l’enveloppe totale consacrée au développement de l’actif à 8,5 milliards de dollars, soit 7,3 milliards d’euros.

Une étape majeure pour Eni

Cette nouvelle phase devrait permettre au projet de changer d’échelle et de s’imposer comme un pilier de la production ivoirienne d’hydrocarbures.

Dans les détails, la production de pétrole doit en effet passer d’environ 60 000 à 150 000 barils par jour, tandis que la production de gaz sera portée de 80 à 200 millions de pieds cubes par jour.

Le projet inclut en outre la mise en service d’une nouvelle unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), conçue pour assurer des normes élevées d’efficacité opérationnelle, de sécurité et de performance environnementale.

Pour Eni, il s’agit d’une avancée stratégique majeure sur ce champ qu’elle a découvert en 2021 à quelque 70 km au large des côtes du golfe de Guinée.

Considéré comme le plus grand gisement d’hydrocarbures de la première économie de l’UEMOA, le champ Baleine dispose de réserves estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel.

Sa production a débuté en août 2023 après la décision finale d’investissement pour la phase 1, établissant ainsi un record en matière de développement en amont tandis que la phase 2 a commencé à produire en décembre 2024.

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« Baleine illustre parfaitement le modèle d’exploration et de production d’Eni, fondé sur l’excellence de ses activités d’exploration, sa capacité à développer des projets rapidement et par étapes, et son engagement constant en faveur du développement durable, dans un dialogue permanent avec le pays hôte. Ce projet témoigne de notre volonté de renforcer la sécurité énergétique, de soutenir le développement économique local et de promouvoir un avenir énergétique bas carbone », s’est réjoui Claudio Descalzi, directeur général de la compagnie présente depuis 2015 dans le pays.

Des retombées stratégiques pour la Côte d’Ivoire

Au-delà des enjeux industriels pour Eni, cette phase 3 revêt une importance stratégique pour l’économie ivoirienne.

En consolidant la production nationale d’hydrocarbures et en sécurisant d’importants volumes de gaz sur le moyen terme, le gisement devrait contribuer au renforcement de la sécurité énergétique du pays tout en générant de nouvelles recettes fiscales et parafiscales.

La Côte d’Ivoire mise en effet sur le gaz naturel comme socle de sa production électrique et comme moteur de sa croissance économique à l’horizon 2030.

Cette ressource joue déjà un rôle central dans la réponse à une demande d’électricité en forte progression, 10 à 15% par an, portée par l’augmentation du nombre de ménages raccordés au réseau, l’extension des programmes d’électrification et la montée en puissance des activités industrielles.

Le pays ambitionne non seulement de couvrir durablement ses besoins internes en énergie, mais aussi de renforcer sa position de fournisseur régional grâce aux interconnexions du pool énergétique ouest-africain.

À travers cette stratégie, Abidjan entend faire du pétrole et du gaz des leviers d’accélération de la croissance, de transformation industrielle et de montée en gamme de l’économie ivoirienne au cours des prochaines années.

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