Côte d’Ivoire: Jacques Bizollon, fondateur du studio JBZ et pionnier de la world music – Reportage Afrique
Le producteur franco-ivoirien Jacques Bizollon, qui a contribué au succès international de la musique ouest-africaine, fait l’objet d’un documentaire en cours de production sur son parcours et celui de son studio, JBZ, fondé à Abidjan au début des années 1980. Un lieu mythique aujourd’hui fermé, que Jacques Bizollon espère voir devenir un musée.
De notre correspondant à Abidjan,
Face aux caméras et aux projecteurs, Jacques Bizollon raconte son histoire – celle d’un comptable d’Abidjan devenu disquaire au milieu des années 1970 par amour de la musique. « En 1980, je me suis dit qu’il y avait pas de studio d’enregistrement à Abidjan. C’est quand même curieux, y a trop de grands artistes ici. J’avais un appartement en France, à côté de Cannes, j’ai vendu l’appartement pour acheter le matériel et j’ai construit un grand studio », se souvient-il.
Le studio JBZ démarre dans le garage de Jacques Bizollon. Parmi les tout premiers enregistrements, celui d’un inconnu : Alpha Blondy, et un futur tube, « Brigadier Sabari ». « Personne ne le connaissait. Georges Benson – qui était à la RTI – est venu me voir pour me demander “Que penses-tu de ce jeune homme ?” Je lui dis “Y a pas de rasta ici, il faut en faire un rasta !” On a fait l’album « Jah Glory » et cela a été un succès immense », se rémemore le producteur.
Le premier d’une longue série à JBZ, qui accueille bientôt les stars du continent : Youssou Ndour, Ismaël Lô, Franco, Pepe Kalle, Tiken Jah Fakoly… « Mon pays va mal », l’un des titres emblématiques enregistrés dans ce studio, résonne encore aujourd’hui comme un symbole de cette époque.
En plus d’être une pépinière de la musique africaine, JBZ devient aussi une école de producteurs. Parmi eux, Wompy, le père de DJ Arafat, ou encore le maestro malien Boncana Maïga, récemment décédé. Un héritage que la documentariste Agnès Ribouton veut immortaliser : « La world music est née dans ce studio, puisque c’est là que tel artiste a rencontré tel autre, et finalement celui qui est de passage va aider le groupe en train d’enregistrer. C’est toute cette toile de fond qu’il faut raconter au-delà du travail de Jacques Bizollon et ce que représente le studio JBZ dans cette période-là. »
JBZ a fermé ses portes en 2018, victime de la concurrence des home studios et de problèmes d’argent. Aujourd’hui ruiné, Jacques Bizollon rêve de voir son ancien studio transformé en musée : « Quand vous parlez à certaines personnes, qui sont plus ou moins âgées, quarante, cinquante ans, ils ont tous connu JBZ. Si ça devient un musée de la musique à Abidjan, ça serait vraiment bien. J’ai quand même 86 ans, donc je pense qu’un jour, je vais aller au paradis. Je voudrais laisser quelque chose ici. »
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