Timbuktu Institute Semaine 2 – Juin 2026
Depuis de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), l’issue autour des modalités de la gestion du processus électoral demeure incertaine. Afin de ne pas rester dans l’expectative, une coalition d’une dizaine de partis politiques réunie le 8 juin, a proposé la création d’un « Haut Conseil électoral » en remplacement des dispositifs actuels. Portée notamment par l’ancienne Première dame Simone Ehivet Gbagbo, avec le soutien de figures politiques comme Charles Blé Goudé et Ahoua Don Mello, cette initiative prévoit la mise en place d’un organe composé de 11 membres issus de la société civile (milieux professionnels, économiques et juridiques), recrutés via un appel à candidatures transparent et validés par l’Assemblée nationale, sans représentation partisane en son sein. Ses membres seraient nommés à vie et chargés de l’organisation des élections ainsi que de la révision annuelle du fichier électoral, avec l’objectif affiché de renforcer la confiance dans le système électoral et de prévenir les crises récurrentes liées aux scrutins. Toutefois, la proposition, déjà évoquée par le passé sans aboutir, ne fait pas l’unanimité et intervient sans l’implication des principaux partis d’opposition, le PDCI et le PPA-CI.
D’un autre côté, tandis que la question de la gouvernance électorale reste en suspens, l’agenda législatif du Sénat a, lui, avancé sur un terrain plus consensuel. En effet, le 8 juin, la Commission des affaires économiques et financières du Sénat ivoirien a adopté trois projets de loi portant sur la réforme de la commande publique, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et l’abrogation de la taxe de soutien au développement de l’activité de raffinage. Le premier texte vise à renforcer les compétences et la gouvernance de l’Autorité de régulation de la commande publique afin d’améliorer le contrôle et la transparence des marchés publics et des partenariats public-privé. Le deuxième encadre l’intégration de la Côte d’Ivoire dans le dispositif de démantèlement tarifaire de la ZLECAf, avec une suppression progressive des droits de douane sur la majorité des produits non sensibles, malgré un impact budgétaire anticipé, mais avec des perspectives de croissance économique et d’augmentation des exportations. Enfin, le troisième projet entérine la suppression de la taxe sur le raffinage, devenue obsolète après le remboursement de la dette de la Société ivoirienne de raffinage. À travers ces réformes, le Sénat entend soutenir la modernisation de la gouvernance économique, l’intégration régionale et l’optimisation du secteur énergétique ivoirien.
Une offre souverainiste sur la scène politique
Récemment radié du PPA-CI de Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello, préparerait à en croire Jeune Afrique, la création d’un nouveau parti politique souverainiste dont le lancement est prévu d’ici août 2026. Installé temporairement en Russie, il piloterait ce projet en structurant à la fois l’organisation interne et les réseaux de financement, avec l’appui de proches chargés de la rédaction des statuts et de la mise en place administrative en Côte d’Ivoire. Le dispositif reposerait également sur une stratégie de mobilisation progressive, visant syndicats, leaders communautaires, cadres politiques déçus et diaspora, à travers des relais organisés en Europe, en Afrique et aux États-Unis, tandis que des cellules locales se constituent sous couvert d’associations ou de clubs de réflexion. Des noms sont actuellement envisagés pour cette nouvelle formation, dont l’orientation idéologique se veut résolument souverainiste et panafricaine. Alors que le souverainisme aura porté ces dernières années une recomposition géopolitique majeure au Sahel, l’émergence d’une telle offre politique structurée en Côte d’Ivoire – réputé pro-occidental – pourrait du reste marquer une inflexion notable à l’échelle régionale.
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