Coton : le Bénin veut réaffirmer sa place de leader africain en 2026/2027

Le coton est le premier produit d’exportation agricole de la République du Bénin. Le pays dispute habituellement avec le Mali le titre de leader africain de l’or blanc.

Le 23 avril dernier, en marge du lancement officiel de la campagne agricole 2026/2027, le ministre de l’Agriculture béninois, Gaston Dossouhoui, a annoncé un objectif de production de 700 000 tonnes d’or blanc durant ladite saison.

Ce niveau de production serait en hausse de 8% par rapport au volume de la campagne précédente estimée à 647 290 tonnes en janvier dernier par le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA).

Avec un tel tonnage, le pays entend consolider sa place de premier producteur africain de l’or blanc reconquise en 2025/2026 devant le Mali. Ce dernier pays, qui lui avait ravi la vedette une saison plus tôt, cible de son côté 598 500 tonnes selon les dernières données officielles.

Une décennie de progression

Pour le Bénin, une telle ambition viendrait couronner une croissance spectaculaire de l’offre dans cette filière nourricière de l’économie avec environ 13% du PIB et 40% des recettes d’exportation.

En effet, si jusqu’en 2015 le pays était encore un petit poucet dans la sous-région, son statut a depuis radicalement changé.

Avec des réformes comme la politique d’amélioration de la fertilité des sols ou encore l’amélioration du cadre de gestion des intrants (engrais minéraux, pesticides et herbicides) pour une fourniture optimale des principales zones de production du Nord, le pays a progressivement monté en puissance, bousculant la hiérarchie établie.

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Ainsi, avec 451 124 tonnes en 2016/2017, il est passé du rang de quatrième producteur africain à celui de troisième, devant la Côte d’Ivoire, et a surclassé dès 2018/2019 tous ses concurrents, arrachant la place de premier producteur du continent au Mali avec 678 000 tonnes.

Ce volume sera suivi de deux nouveaux records pour le pays les années suivantes, avec respectivement 714 714 tonnes et 728 000 tonnes, lui permettant de conserver à chaque fois le titre devant le Mali et le Burkina Faso.

Alors que pour la campagne 2026/2027 aucun détail supplémentaire n’a été donné par Gaston Dossouhoui, il faut savoir que le pays avait consacré un an plus tôt une superficie totale de 510 897 hectares à la culture, soit la seconde plus importante de la sous-région après celle du Mali (534 000 ha).

Le Bénin jouit aussi d’une meilleure productivité par rapport à ses voisins, avec 750 kg/ha contre 430 kg/ha au Mali, 520 kg/ha en Côte d’Ivoire et 450 kg/ha au Burkina Faso, d’après les estimations du Département américain de l’agriculture (USDA) pour 2025/2026.

Un coup de pouce pour la transformation 

Plus globalement, une hausse de la production permettrait au pays de renforcer sa capacité à tirer davantage de valeur ajoutée de la filière.

En effet, le Bénin a fait du coton un axe central de sa politique d’industrialisation, avec l’objectif de transformer sur place une part croissante de sa récolte avec la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).

Mise en service en 2021, cette plateforme accueille pour l’instant trois usines intégrées capables de traiter environ 40 000 tonnes de fibre par an, soit à peine un peu plus de 12 % de la production cotonnière nationale.

L’objectif des autorités est de mobiliser environ 3,6 milliards de dollars (3 milliards d’euros) d’investissements supplémentaires pour pouvoir transformer l’intégralité de la fibre de coton sur son territoire grâce à l’implantation de 28 nouvelles unités textiles au sein de ladite zone industrielle située à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique, Cotonou.

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