Le 5 décembre dernier, la nouvelle est tombée comme une bombe: «À l’issue des derniers échanges concernant le projet de futur musée du sport, le ministre des Sports a décidé de ne pas poursuivre l’option de construction sur le site «Rout Lëns», dans les anciennes halles des turbines à Esch‑sur‑Alzette », annonçait le ministère des Sports, alors dirigé par Georges Mischo.
Il n’y aura finalement pas de Musée des sports à Esch-sur-Alzette
Initialement, la construction de ce musée, estimée à près de 30 millions d’euros, devait débuter au printemps de cette année. Prévu dans un premier temps à Lankelz, le projet avait ensuite été relocalisé sur le site «Rout Lëns», avec une ouverture envisagée début 2028. Ce scénario a cependant échoué en raison de doutes juridiques concernant le respect des règles en matière d’attribution et de marchés publics.
Des discussions préalables avaient eu lieu entre le ministre des Sports et la société immobilière IKO Real Estate. Une fois ces éléments portés à la connaissance du ministère des Finances, alors dirigé par Gilles Roth, le projet a été gelé. L’affaire porte notamment sur des plans, une étude de faisabilité, un avant‑accord, d’éventuelles erreurs de procédure, et la question de savoir si des étapes clés n’ont pas été contournées au sein du ministère des Sports.
En attente d’un avis juridique
Malgré les assurances d’une gestion professionnelle du dossier, la pression politique s’est accentuée et a conduit, le 8 décembre, à la démission de Georges Mischo de ses fonctions de ministre du Travail et des Sports.
Le même jour, la Commission parlementaire pour l’exécution du budget (Comexbu) s’est réunie. Son président, Franz Fayot (LSAP), a officiellement demandé, le 18 décembre, l’accès à de nombreux documents, y compris confidentiels. La commission a également formulé 39 questions, auxquelles le ministère des Sports, désormais dirigé par Martine Hansen (CSV), a répondu trois mois plus tard.
Le Musée des sports à 30 millions d’euros devrait ouvrir en 2028
Ces réponses ont été discutées lundi en Comexbu. Le climat oscillait entre désillusion, frustration et incompréhension. En l’absence des ministres concernés, Yuriko Backes (DP/Travaux publics), Martine Hansen (Sports) et Gilles Roth (Finances), les explications fournies ont soulevé davantage de questions qu’elles n’en ont éclairci.
Pour Franz Fayot, de nombreuses questions restent sans réponse. © PHOTO: Gilles Kayser/Archives
Sam Tanson, la députée déi Gréng, résume le malaise: «Je souhaite un échange direct avec les ministres. J’aimerais pouvoir relancer, creuser. J’ai toute une liste de questions complémentaires. Les réponses écrites ne suffisent clairement pas.» Elle ajoute: «Les réponses fournies sont absolument insuffisantes.»
Le socialiste Franz Fayot les qualifie de «laconiques». Liz Braz (LSAP) va plus loin: « C’est une véritable honte. Une réponse pareille est indigne. On se moque des membres de la commission.» Marc Goergen (Pirate) parle de «réponses évasives», tandis que Claude Haagen (LSAP) note que «certaines réponses se contredisent».
Quatre mois après les faits, l’avis juridique commandé en lien avec le protocole d’accord fait toujours défaut. «Je trouve cela remarquable», déclare Sam Tanson. «Habituellement, ce type d’avis ne prend pas plus de trois mois.»
Sam Tanson souhaite un échange direct. © PHOTO: Chris Karaba/Archives
«De nombreuses questions de cohérence se posent», relève Liz Braz (LSAP), qui s’étonne que le ministère des Finances n’ait, selon certaines réponses, pas été informé de toutes les étapes. D’autant plus qu’un représentant de ce ministère aurait suggéré de requalifier le projet en centre de congrès et d’exposition, et de confier ensuite les espaces muséaux à des appels d’offres publics.
Les réponses écrites, bien que succinctes, contiennent néanmoins des éléments surprenants. On peut par exemple y lire que «la possibilité de réaliser le projet sur un autre site n’a pas été analysée». Ou encore que «le Premier ministre et le ministre des Finances ont eu connaissance du protocole d’accord par voie de presse, le 2 décembre 2025». La communication entre les ministères impliqués apparaît donc, au minimum, insuffisamment transparente.
Le coût du projet «Rout Lëns» est estimé à 28,5 millions d’euros hors TVA. Liz Braz souligne également qu’IKO Real Estate aurait fixé elle‑même le prix du terrain. Malgré l’abandon brutal du projet, des frais ont déjà été engagés: l’historien Jean Reitz, qui a contribué à l’étude de faisabilité pour le ministère des Sports, a perçu 40.593,26 euros.
Le musée n’ouvrira définitivement pas ses portes au printemps 2028 dans les anciennes halles des turbines. © PHOTO: Ministère des Sports
Le protocole d’accord prévoit par ailleurs une indemnité pouvant aller jusqu’à 120.000 euros si l’État renonce au projet. Reste à savoir si IKO peut légalement prétendre à cette compensation et si le document est juridiquement contraignant. Selon le ministère des Sports, «l’analyse juridique est toujours en cours».
Un deuxième avis devrait apporter des éclaircissements
Il demeure également incertain si l’abandon du projet signifie un renoncement définitif à un musée sportif sur le site «Rout Lëns», ou si l’État pourrait ultérieurement relancer un projet sur des bases procédurales conformes. La seule réponse à ce jour: «Aucune décision n’a encore été prise.»
La création d’un Musée des sports au Luxembourg reste donc entièrement ouverte. Fin décembre, la ministre des Sports Martine Hansen déclarait au Luxemburger Wort: «Le Musée des sports figure dans l’accord de coalition. Une décision existe donc en principe. Mais ce ne sera pas ma priorité immédiate. Nous avons commandé une analyse juridique pour comprendre ce qui a dysfonctionné.»
Près de quatre mois plus tard, cet avis juridique n’a toujours pas été rendu. Les membres de la Comexbu ne comptent pas en rester là. Les ministres concernés devraient être conviés «dans les plus brefs délais» à une réunion. En parallèle, un second avis juridique sera sollicité via la cellule scientifique du Parlement.
Peut‑être ce double éclairage permettra‑t‑il enfin de dissiper le brouillard qui entoure toujours le controversé projet de Musée des sports.
Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Simon Martin.
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