50 ans de participation à dose homéopathique
En 1934, l’Égypte est la première nation du continent à disputer un Mondial. Une apparition presque anecdotique dans un tournoi pensé par et pour l’Europe et l’Amérique du Sud. Puis, le désert. Ensuite, une seule place pour tout un continent à partir de 1970 : le Maroc en 1970, le Zaïre en 1974, la Tunisie en 1978. Le vrai tournant se dessine au début des années 1980. En 1982, l’Afrique obtient enfin deux billets. L’Algérie et le Cameroun découvrent ensemble le Mondial espagnol. En 1990, le Cameroun est accompagné de l’Égypte.
En 1994, le verrou cède un peu plus. Pour la première fois, trois nations africaines sont au rendez-vous : le Cameroun, le Nigeria et le Maroc. Mais derrière cette petite victoire, la frustration demeure. Il faudra attendre 1998 pour que la donne change réellement. Après une longue et acharnée bataille diplomatique menée par Issa Hayatou, alors président de la CAF, la Fifa octroie à l’Afrique cinq places pour le Mondial français. L’édition 1998 aligne ainsi un quintet africain : Cameroun, Nigeria, Maroc, Afrique du Sud, Tunisie.
La revanche d’un continent
À partir de 1998, la présence africaine en Coupe du monde s’installe dans la durée avec cinq représentants. Une satisfaction pour Hayatou qui ne « réclamait pas une faveur, mais une justice sportive ».
En 2010, l’Afrique franchit un autre cap, cette fois grâce à une circonstance historique : l’organisation de la Coupe du monde par l’Afrique du Sud. Pour la première fois, la planète football se réunit sur le sol africain. La CAF bénéficie alors de six représentants : cinq qualifiés plus l’Afrique du Sud en tant que pays hôte.
Mais la révolution la plus spectaculaire se jouera hors des terrains, dans les bureaux où se redessine le format du Mondial. Sous la présidence de Gianni Infantino, la Fifa décide d’élargir la compétition et d’augmenter le nombre de participants. L’Afrique, qui a longtemps été la grande oubliée des quotas, devient l’une des grandes bénéficiaires de cette réforme. L’instance dirigeante, dont les fédérations africaines ont été – et restent – des soutiens majeurs aux élections et réélections d’Infantino, est désormais obligée de traduire ce soutien politique en reconnaissance sportive.
Résultat : neuf ou dix billets pour le continent à compter de 2026, en fonction des barrages intercontinentaux. Pour certains habitués du tournoi (Maroc, Sénégal, Nigeria, Cameroun…), c’est l’occasion d’ambitionner enfin le dernier carré. Pour des néophytes comme le Cap-Vert, c’est une porte historique qui s’ouvre sur la plus grande scène du football mondial.
Plus de pays, plus de chances ?
Dix billets, c’est l’assurance de voir davantage de nations africaines sortir des poules, se frotter aux favoris, s’inviter en seizièmes, en huitièmes, en quarts, pourquoi pas plus. Sur le papier, jamais une Coupe du monde n’aura offert autant de probabilités pour qu’un pays africain atteigne enfin la dernière marche.
Patrice Motsepe, président de la CAF, traduit cette aspiration collective : « C’est la première fois dans l’histoire de cette compétition que l’Afrique compte dix représentants. Cela témoigne de la croissance significative du football africain ainsi que de sa compétitivité sur la scène mondiale. Nous sommes convaincus que les sélections africaines engagées à la Coupe du monde 2026 nous rendront fiers et qu’une nation africaine pourra remporter ce tournoi. »
L’optimisme est légitime, mais l’histoire rappelle à la prudence. À ce jour, seuls quatre pays africains ont franchi le cap des quarts de finale en Coupe du monde. Après le Cameroun (1990), le Sénégal (2002) et le Ghana (2010), le Maroc a, lui, réussi à briser le plafond de verre en atteignant les demi-finales au Qatar et en terminant à la quatrième place.
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