Des armes européennes arrivent encore au Darfour malgré l’embargo des Nations unies : « La pire crise humanitaire et de déplacement au monde »
Certaines ONG parlent d’au moins 150 000 morts dans cette guerre mais aucun recensement sérieux n’est envisageable dans ce pays plongé en plein chaos.
Tous responsables
Les deux camps sont renvoyés dos à dos face à cette litanie d’horreurs. Les FAS et les FSR ont en effet régulièrement été accusées d’avoir commis des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) dont plusieurs seraient constitutifs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
L’ombre d’un nouveau génocide plane au-dessus du Darfour
Si la guerre civile fut un temps confinée dans et autour de la capitale Khartoum, elle s’est depuis largement étendue et touche désormais tout le pays, dont la région du Darfour (nord-ouest) soumise à un embargo des Nations unies sur les armes depuis juillet 2004. Face à cette escalade, le Bureau du Haut commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch ont appelé à étendre cet embargo, jugé à la fois trop restreint et peu respecté.
Le rôle des Émirats arabes unis
Une situation que rappelle le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (Grip) dans une de ses dernières publications qui souligne le rôle des Émirats arabes unis (EAU) dans l’acheminement d’armes, notamment européennes, au Soudan au profit des paramilitaires FSR. Abou Dabi réfute toute forme d’implication dans ce transfert d’armes achetées officiellement en Europe avant d’être acheminées en toute illégalité vers le Soudan, en contournant l’embargo des Nations unies et en ne respectant pas les engagements de non-réexportation pris vis-à-vis des pays producteurs, notamment la France.
Le Grip rappelle aussi que les dénégations des Émirats arabes unis sont totalement mises à mal par des enquêtes menées par des experts des Nations unies, des médias internationaux ou des ONG de défense des droits humains, comme Amnesty International, qui ont documenté la présence de ce matériel militaire au Soudan entre les mains des milices des FSR.
Au Darfour, les images satellites font craindre des massacres sans précédent
Il est question de véhicules blindés émiratis équipés d’un système de défense français présents dans diverses régions du Soudan, y compris au Darfour, de systèmes de visée britanniques ou de munitions bulgares.
Complaisances
Du côté des pays producteurs (France, Royaume-Uni et Bulgarie), les réactions se font toujours attendre. Des débats parlementaires ont parfois eu lieu sans remettre en cause le commerce d’armes avec les Émirats arabes unis (EAU).
Le Grip constate ainsi que la France reste le deuxième principal fournisseur d’armes des EAU pour la période 2021-2025. Le Royaume-Uni n’a pas remis en question sa politique d’exportation d’armes vers les Émirats. Il a même augmenté ses ventes d’armes vers ce pays entre avril et juin 2025 avec des licences accordées pour un montant total de 172 millions de livres sterling (près de 200 millions d’euros). Même scénario en Bulgarie où les autorités ont cherché à nier toute responsabilité directe dans le détournement, ce qui leur permet ne pas réviser leur politique d’exportation d’armes.
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