Des centaines de motards criminels à Sainte-Anne-de-Madawaska

Plus d’une centaine de motards affiliés à des groupes criminels se sont rassemblés samedi à Sainte-Anne-de-Madawaska à l’occasion de leur premier événement de l’année.

Selon le porte-parole de la GRC au Nouveau-Brunswick, le caporal Hans Ouellet, une importante surveillance policière a été déployée dans le secteur en raison du rassemblement.

Comme dans les années passées, chaque fois que la GRC sait qu’il y a un important rassemblement de motards criminels, nous nous assurons qu’il y a suffisamment de policiers dans le secteur afin de garantir la sécurité de tout le monde, a-t-il expliqué lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada.

Depuis que les Hells Angels se sont installés à Sainte-Anne-de-Madawaska en 2016, plusieurs rassemblements de motards criminels ont été organisés dans la région.

Photo : Radio-Canada / Myriam Breau

Radio-Canada a pu constater que plus de 200 motards se sont rendus dans un repère affilié au Hells Angels de Sainte-Anne-de-Madawaska depuis samedi matin. Le groupe de motards est installé dans la région depuis 2016.

Journaliste aux affaires policières et au crime organisé au journal La Presse, Daniel Renaud explique que ce genre de rassemblement permet en quelque sorte aux motards criminels de marquer leur territoire.

C’est la première occasion avec la nouvelle saison qui arrive pour les motards, les Hells Angels, mais aussi leurs clubs affiliés, de faire une première sortie en moto, une première randonnée, explique le spécialiste du crime organisé. L’un des objectifs, c’est de marquer leur territoire, de marquer leur présence et d’indiquer à d’éventuels adversaires que le territoire où ils circulent leur appartient.

Présence policière accrue

Pendant toute la journée de samedi, un poste de contrôle a permis aux agents de la GRC de contrôler l’identité des motards participant au rassemblement et de les prendre en photo.

Les services de renseignement des différents corps policiers sont toujours présents à ces événements-là parce qu’ils ont l’occasion d’obtenir des renseignements plus à jour sur ces groupes criminels, dit Daniel Renaud. Par exemple, si un tel, qui était l’année dernière aspirant, est devenu membre en règle du groupe en question ou si de nouveaux membres apparaissent.

C’est aussi pour voir s’il y a pas de nouveaux groupes de motards qui peuvent faire leur apparition.

Des motards et des policiers sur une route de campagne.

Le poste de contrôle installé par la GRC afin de contrôler la présence de motards à Sainte-Anne-de-Madawaska a été démonté vers 15h45 samedi.

Photo : Radio-Canada / Myriam Breau

Les informations sont ensuite compilées dans une banque de données et servent à avoir une meilleure lecture de cet environnement et des groupes des motards.

Depuis des décennies, les motards criminels, comme les Hells Angels, sont impliqués dans le trafic de stupéfiants, le trafic humain, la prostitution et l’extorsion, rappelle Daniel Renaud.

C’est la raison pour laquelle la GRC demande à quiconque ayant des informations en lien avec le crime organisé de communiquer avec les forces de l’ordre.

Ce ne sont pas juste des gens qui aiment se regrouper et faire de la moto le dimanche ou ton oncle l’autre bord du chemin qui travaille sur sa moto et qui aime faire un petit tour ici et là, illustre le caporal Ouellet. Ces gangs-là, ce sont des gens qui s’associent avec le crime organisé. Ça apporte la drogue, la traite d’humains et plein d’autres affaires dans nos communautés.

Un homme aux cheveux gris sur un plateau de télévision.

Le journaliste Daniel Renaud est spécialiste du crime organisé. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

La présence d’un local de motard criminel n’attire pas systématiquement des ennuis pour une communauté, puisque ce n’est pas dans leur intérêt de le faire, dit pour sa part Daniel Renaud. Les citoyens doivent néanmoins s’en méfier, dit-il.

Il y a deux ans, deux jeunes ont par exemple attaqué un local de motards à Frampton, en Beauce.

Ça s’est soldé par la mort de l’un des deux adolescents de Montréal. Il y a eu des coups de feu, il y a eu un incendie criminel, raconte Daniel Renaud. C’est dans cette mesure que ça peut être inquiétant parce qu’actuellement [au Québec] les Hells Angels et leurs clubs-écoles font face à une rébellion de groupes émergents [qui veulent leur part du gâteau]. Même si ce n’est pas arrivé au Nouveau-Brunswick, il n’y a rien qui dit que ça ne pourrait pas survenir.

Avec des renseignements de Janic Godin, Myriam Breau et Nicolas Steinbach

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