Détournement de fonds à la CTM : Clarisse Romany et Fabrice Duragrin condamnés à 2 ans et 18 mois de prison ferme

Les cinq prévenus jugés pour le détournement de 3,2 millions d’euros de la Prestation Compensatoire du Handicap (PCH) à la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) ont tous été condamnés ce jeudi 4 juin au tribunal correctionnel de Fort-de-France.

Les condamnations

Le cerveau de l’affaire, Clarisse Romany, écope de 4 ans de prison, dont 2 ans ferme sous mandat de dépôt différé et 2 ans de sursis probatoire. En d’autres termes, elle sera convoqué ultérieurement pour être incarcérée.

Elle est aussi condamnée à 50 000 euros d’amende, 5 ans d’inéligibilité, une interdiction définitive de la fonction publique, l’obligation d’indemniser la partie civile et 374 000 euros d’exécution provisoire.

Sa mère, Hida Romany, est condamnée à une peine de 2 ans de sursis probatoire sur 3 ans, 15 000 euros d’amende, 5 ans d’inéligibilité et la confiscation de ses biens.

Ludovic Romany, frère de Clarisse, écope 2 ans de prison avec sursis probatoire de 3 ans, une amende de 20 000 euros, 5 ans d’inéligibilité, l’obligation de travailler et de rembourser les victimes, avec une saisie de 45 707,43 euros.

Autre complice, Chantal Taïma écope de 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis et un an sous bracelet électronique, 10 000 euros d’amende, 5 ans d’inéligibilité et une saisie de 134 000 euros.

L’ex-compagnon bientôt incarcéré

Enfin, Fabrice Duragrin est condamné à 4 ans de prison, dont 30 mois de sursis probatoire et 18 mois ferme sous mandat de dépôt. Il sera incarcéré le 16 juin prochain au centre pénitentiaire de Ducos.

Il devra payer 30 000 euros d’amende, subit 5 ans d’inéligibilité et une condamnation financière de 877 000 euros pour les impôts et la partie civile.

Au cœur de cette escroquerie, Clarisse Romany, ancienne assistante administrative à la CTM, a profité de son poste pour s’accaparer ces fonds destinés aux personnes en situation de handicap et les redistribuer à ses proches.

Le procès de ce réseau, poursuivi pour détournement de fonds publics, recel, abus de confiance et faux, avait repris ce matin après sa suspension le 18 mai.

De lourdes réquisitions

Pour rappel, le ministère public avait réclamé de lourdes sanctions plus tôt dans la journée, après une matinée agitée où la foule a dû être filtrée par les forces de l’ordre.

Le procureur avait ainsi requis 6 ans de prison ferme avec mandat de dépôt, 50 000 euros d’amende et l’interdiction définitive de fonction publique pour Clarisse Romany et Fabrice Duragrin.

Contre Chantal Taïma, la justice réclamait 3 ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et 10 000 euros d’amende.

Enfin, pour Hida et Ludovic Romany, les réquisitions s’élevaient à 2 ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et 30 000 euros d’amende chacun.

Pour tous les prévenus, le parquet avait également réclamé la confiscation des biens saisis, 5 ans d’inéligibilité et la privation de leurs droits civiques hors droit de vote.

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