Diffa / Filière poisson : l’ONG JAL et le PROLAC-Niger engagent la structuration des acteurs en clusters territoriaux

Diffa, 14 Mai (ANP) – L’ONG Jeunesse Action et Leadership (JAL), avec l’appui financier du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC-Niger), conduit depuis le 4 mai 2026 dans la région de Diffa une série de sessions de formation consacrées à la structuration des acteurs de la filière poisson en clusters territoriaux et au renforcement de leurs capacités techniques, organisationnelles et entrepreneuriales.

Cette activité, inscrite au Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) 2026 du PROLAC-Niger, concerne les communes de Diffa, Kabléwa et N’Guigmi, considérées comme des zones stratégiques de production halieutique dans le bassin du Lac Tchad.

L’objectif global de cette initiative est de structurer les différents acteurs de la chaîne de valeur poisson pêcheurs, transformatrices, mareyeurs, commerçants et prestataires de services en organisations territoriales fonctionnelles capables de renforcer durablement la compétitivité et la résilience du secteur halieutique dans la région.

La première étape de cette série de formations s’est déroulée dans la commune urbaine de Diffa du 4 au 8 mai 2026 sous la présidence du Secrétaire Général Adjoint du Gouvernorat de Diffa, M. Mamane Gouzae, représentant le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, parrain de l’activité.

Dans son allocution à la cérémonie de clôture, le Secrétaire Général Adjoint a indiqué que cette activité « dépasse largement le cadre d’un simple atelier technique », soulignant qu’elle s’inscrit dans « une dynamique de reconstruction économique, de stabilisation sociale et de transformation structurelle de la région ».

Il a rappelé que la région de Diffa constitue le principal bassin halieutique du Niger grâce au Lac Tchad, à la rivière Komadougou Yobé et à plusieurs zones humides permanentes et semi-permanentes.

Selon les données présentées au cours de l’atelier, la région a produit en 2024 plus de 20.500 tonnes de poissons fumés, soit plus de 70 % de la production nationale, générant plus de 32 milliards de francs CFA.

Le représentant du Gouverneur a toutefois relevé plusieurs contraintes qui affectent encore le développement de la filière, notamment les pertes post-capture estimées entre 20 et 40 %, la faible structuration des acteurs, l’accès limité aux infrastructures modernes de conservation et de transformation ainsi que les difficultés d’accès au financement.

Face à ces défis, il a estimé que «l’approche basée sur les clusters territoriaux constitue une réponse innovante permettant de mutualiser les ressources, renforcer les synergies entre les différents maillons de la chaîne de valeur et améliorer la compétitivité du secteur».

« Il ne s’agit plus seulement de produire, il s’agit de transformer, valoriser, structurer et prospérer ensemble », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire Général Adjoint a également souligné que «cette initiative contribue à la mise en œuvre du Programme de Refondation de la République (PRR 2025-2029) porté par le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, notamment en matière de souveraineté économique et de stabilisation des territoires fragiles».

Prenant la parole à cette occasion, le Coordonnateur National du PROLAC-Niger, M. Abdou Amadou, a indiqué que cette activité traduit la volonté du projet de contribuer au redressement économique et à la stabilisation durable de la région du Lac Tchad à travers le renforcement des moyens de subsistance des populations.

Il a précisé que «les bénéficiaires de la formation ont acquis des compétences en techniques améliorées de transformation et de conservation du poisson, en gestion organisationnelle et en gouvernance des organisations professionnelles».

Le Coordonnateur du PROLAC-Niger a par ailleurs annoncé que le PTBA 2026 du projet, d’un montant de plus de 16 milliards de francs CFA, prévoit plusieurs investissements structurants, dont la construction et la réhabilitation de marchés de demi-gros, le développement d’infrastructures de stockage et de commercialisation, ainsi que la réalisation de routes rurales stratégiques, notamment la « route du poisson ».

Pour sa part, le Président de l’ONG JAL, M. Tcherno Ali Diallo, a estimé que cette série de formations marque « le début d’une nouvelle étape pour la transformation économique de la région de Diffa ».

Il a indiqué que les diagnostics réalisés dans les communes de Diffa, Kabléwa et N’Guigmi ont mis en évidence une «faible organisation des acteurs, d’importantes pertes post-capture et des difficultés d’accès aux financements».

Selon lui, la structuration en clusters territoriaux permettra de créer une dynamique collective capable de réduire les pertes, améliorer les capacités de transformation, faciliter l’accès aux marchés et renforcer la création de valeur au profit des communautés locales.

Le Président de JAL a particulièrement insisté sur l’importance de l’appropriation de cette dynamique par les acteurs eux-mêmes, soulignant que « le véritable développement commence lorsque les acteurs d’un territoire décident de ne plus subir leur réalité, mais de l’organiser, la transformer et en faire une richesse collective ».

Après l’étape de Diffa, les travaux se sont poursuivis dans la commune rurale de Kabléwa du 11 au 13 mai 2026 avant le lancement, ce jeudi 14 mai 2026, de la session de la commune urbaine de N’Guigmi qui doit prendre fin le samedi 16 mai 2026.

À travers cette initiative, les organisateurs ambitionnent de faire de la filière poisson un véritable levier de création d’emplois, de résilience économique et de stabilisation sociale dans le bassin du Lac Tchad.

AOM/SML/ANP/Mai 2026

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.