Le virus Ebola Bundibugyo, identifié pour la première fois lors d’une épidémie en Ouganda en 2007 et à l’origine d’une seconde épidémie en RDC en 2012, présente un taux de mortalité légèrement inférieur et une transmissibilité moindre vs la souche Zaïre, responsable de l’épidémie survenue en Afrique de l’Ouest sur la période 2014-2016.
Il n’existe pas de vaccin homologué spécifique contre cette souche.
L’épidémie actuelle a commencé en début avril 2026 dans l’est de la RDC, une région déjà déstabilisée par les conflits, les déplacements de population et un accès limité aux soins, ce qui explique la propagation non détectée pendant 6 semaines.
« Nos projections doivent être considérées comme une évaluation précoce de la situation destinée à favoriser une préparation précoce et proactive. Les mesures de santé publique telles que la surveillance aux frontières, la recherche des contacts et les pratiques d’inhumation sécurisées sont particulièrement importantes étant donné les déplacements frontaliers animés entre la RDC et les pays voisins comme l’Ouganda et le Soudan du Sud », écrivent les experts de l’OMS.
L’étude utilise des modèles informatiques pour simuler l’évolution de l’épidémie selon 3 scénarii de transmissibilité (faible, moyenne et élevée) et estime les risques de propagation aux pays voisins sur 12 semaines. Cette modélisation révèle que :
- la transmission a vraisemblablement débuté début avril 2026, un délai de 6 semaines s’étant écoulé avant la détection officielle ;
- au 22 juin 2026, 1.048 cas confirmés et 267 décès sont enregistrés en RDC, dont 20 cas et 2 décès confirmés en Ouganda, incluant
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5 infections chez des professionnels de santé ;
- le scénario moyen, le plus probable prévoit 990 cas fin juin 2026 avec 174 décès, et environ 8.210 en septembre 2026 si la transmission se poursuit au même rythme ;
- le scénario pessimiste prévoit plus de 66.000 cas d’ici septembre si les mesures de contrôle fléchissent, cependant le rythme récent des nouveaux cas indique une trajectoire plus proche des projections moyennes ;
- la probabilité qu’au moins un cas atteigne le Soudan du Sud dans les 12 semaines est estimée à 69,3 %, contre 8,6 % pour le Rwanda et 2 % pour le Burundi ;
- enfin, le Soudan du Sud est identifié comme le pays dont la préparation est prioritaire, en raison de lacunes connues dans la gestion des cas, en particulier sur la traçabilité des contacts, les inhumations sécurisées et la surveillance aux frontières.
Quelles implications ? Ces résultats appellent tous les pays voisins de la RDC, particulièrement le Soudan du Sud, à mettre en œuvre immédiatement ces mesures de santé publique préventives. La réponse intensifiée en RDC montre des signes précoces de ralentissement de la transmission, mais l’absence de vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo rend la prévention et le contrôle essentiels.
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