L’agence de santé de l’Union africaine a confirmé vendredi 15 mai 2026 une épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. Le bilan actuel fait état de 65 décès et de 246 cas suspects recensés.
Les foyers de contamination se situent principalement dans les zones de santé de Mongwalu et Rwampara, connues pour leurs activités minières aurifères. L’Africa CDC précise que quatre des décès enregistrés figurent parmi les cas confirmés en laboratoire, tandis que d’autres suspicions à Bunia attendent des résultats définitifs.
Des analyses préliminaires effectuées par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa ont identifié le virus dans 13 des 20 échantillons testés. Les premiers résultats suggèrent une souche différente de l’ebolavirus Zaïre, nécessitant un séquençage complet attendu sous 24 heures.
L’organisation continentale exprime ses inquiétudes face aux risques de propagation liés à la mobilité intense des populations vers l’Ouganda et le Soudan du Sud. L’insécurité persistante dans la région de l’Ituri, sous administration militaire depuis 2021 en raison des milices ADF, complique davantage les interventions sanitaires.
« Quatre décès ont été signalés parmi les cas confirmés en laboratoire. Des cas suspects ont également été signalés à Bunia, en attente de confirmation » a déclaré l’Africa CDC.
Cette situation marque la 17e épidémie enregistrée dans le pays depuis la découverte du virus en 1976. Les autorités sanitaires s’alarment du contexte urbain de Bunia et des lacunes dans le recensement des contacts et la prévention des infections.
« L’épidémie de maladie à virus Ebola est confirmée dans la province de l’Ituri » a affirmé l’agence de santé panafricaine sur les réseaux sociaux.
En réponse à l’urgence, une réunion de coordination de haut niveau se tient ce vendredi avec des représentants de la RD Congo, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Des partenaires internationaux comme l’OMS, l’UNICEF et plusieurs laboratoires pharmaceutiques participent à la mobilisation des ressources.
« L’Africa CDC est solidaire du gouvernement et du peuple de la République démocratique du Congo alors qu’ils répondent à cette épidémie » a déclaré le Dr Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC.
L’expert a souligné que la coordination régionale est indispensable pour renforcer la surveillance transfrontalière et contenir la propagation du virus hémorragique. Le virus, transmis par les fluides corporels, provoque des défaillances organiques sévères sans remède connu à ce jour.
« Compte tenu de l’importante circulation des populations entre les zones touchées et les pays voisins, une coordination régionale rapide est essentielle. Nous travaillons avec la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud et nos partenaires pour renforcer la surveillance, la préparation et la riposte, et pour aider à contenir l’épidémie le plus rapidement possible » a ajouté le Dr Jean Kaseya.
Les communautés locales sont appelées à signaler immédiatement tout symptôme, tel que la fièvre ou les maux de gorge, et à soutenir les enterrements sécurisés. Le gouvernement congolais devrait tenir une conférence de presse officielle plus tard dans la journée du 15 mai.
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