Élections municipales, législatives et présidentielles en Haïti : 316 partis politiques validés

Une délégation de la CARICOM est attendue fin juillet à Port-au-Prince pour évaluer l’avancée de la mise en place des élections qui devraient avoir lieu avant la fin de 2026.

Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre par intérim d’Haïti était présent lors du 51e Conférence des dirigeants de la CARICOM qui s’est tenue du 5 au 8 juillet à Sainte-Lucie. Dans toutes les publications officielles, il s’identifie en tant que Premier ministre. Les mots « par intérim » ou « de transition » ne paraissent plus sur les sites.

Haïti est membre de la CARICOM et les autres pays membres du groupe ont exprimé leur inquiétude face à la situation sécuritaire en Haïti qui ne cesse de se dégrader. Ils estiment que la stabilité de la région est menacée par la guerre des gangs qui gangrène Haïti.

Dans un article publié le 6 juillet, le journal en ligne, AlterPresse, a cité les inquiétudes de plusieurs organisations haïtiennes par rapport à l’incapacité du Premier ministre par intérim à organiser les élections. Ces inquiétudes ont été partagées avec la CARICOM.

« Le gouvernement de facto, dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, héritier du processus mis en place par le Conseil présidentiel de transition, ne dispose ni de la légitimité populaire, ni de la crédibilité politique, ni de la capacité institutionnelle nécessaires pour conduire Haïti vers le rétablissement de l’ordre démocratique et constitutionnel . »

Extrait d’un communiqué commun des organisations politiques d’Haïti

Conseil électoral provisoire commence son travail

Le Conseil électoral provisoire d’Haiti, le CEP, a validé la participation de 316 partis politiques aux prochaines élections. La liste a été publiée sur le site web du CEP.

Le décret électoral, publié dans le journal officiel, Le Moniteur, exige que chaque parti doive enregistrer un minimum de 30.000 adhérents. Le CEP doit vérifier les noms des adhérents afin d’écarter les doublons, les faux noms et les faux numéros d’identifications.

Au moment du dépôt officiel de candidature, le délégué de chaque groupe doit se présenter en personne au bureau du Conseil électoral provisoire, muni des papiers notariés de la constitution du parti et de son programme politique. Le sigle et l’emblème du parti font partie des pièces exigées.

Il s’agit d’une tâche titanesque pour la majorité des 316 groupes politiques qui sont largement inconnus aux électeurs haïtiens.

Une élection qui coûte cher

Chaque candidat à la présidence doit verser l’équivalent de 13.000 euros au Trésor public. Un candidat au Sénat doit payer plus de 5.000 euros et un candidat à l’Assemblée nationale, 2.000 euros. Si cela coûte moins cher de se présenter au Conseil municipal, les sommes sont élevés pour un pays rongé par l’insécurité et le chômage.

Des réductions des frais d’inscription, allant de 5% à 100% seront offertes aux partis qui se créent des coalitions.

Un budget de 120.000.000 de dollars américains a été alloué pour la mise en place des élections législatives et présidentielles.

Selon les informations publiées dans le quotidien Le Nouvelliste, l’inscription des électeurs commencera le 16 juillet 2026.

Les séances de formation des agents électoraux sont déjà organisées par le CEP.

Une élection menacée par l’insécurité

En Haïti, la situation sécuritaire continue à se dégrader. Les gangs gagnent du terrain. Ils contrôlent les routes et les déplacements de la population.

Malgré les efforts mobilisés pour organiser le scrutin avant la fin de 2026, la mise en place de ces élections sera impossible si les conditions sécuritaires ne s’améliorent pas.

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