EN IMAGES. Fête des cuisinières en Guadeloupe : 110 ans de traditions célébrés à Pointe-à-Pitre

Des couleurs, des sourires, des costumes soigneusement préparés et, bien sûr, le parfum des bons petits plats. Ce samedi 8 août, les cuisinières de Guadeloupe avaient rendez-vous avec leur histoire. Depuis 1916, elles perpétuent une tradition devenue incontournable dans l’archipel. Chaque année, elles célèbrent leur Saint-Patron à travers une journée où la foi, la gastronomie, la convivialité et la transmission occupent une place centrale. Mais pour cette 110ᵉ édition, la fête avait une saveur un peu particulière.

Cette année, le calendrier a voulu réunir deux rendez-vous populaires majeurs : la fête des cuisinières et le Tour cycliste de Guadeloupe.

Alors que les coureurs disputaient l’avant-dernière étape de la compétition, les cuisinières se sont installées au bord de la route pour leur réserver une belle surprise : une haie d’honneur colorée et chaleureuse pour accompagner leur passage. Une première pour la confrérie, qui a souhaité associer les cyclistes à ce 110ᵉ anniversaire.

Le rituel, lui, a quelque peu évolué cette année. Habituellement, les cuisinières se retrouvent à l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Pointe-à-Pitre pour la traditionnelle messe. Cette fois, la cérémonie s’est tenue sous un chapiteau installé sur la place de la mairie. Une organisation différente, mais qui n’a pas altéré la solennité du rendez-vous. Les participantes, vêtues de leurs costumes traditionnels, ont une nouvelle fois donné à la ville des allures de fête.

À l’issue de la cérémonie, la procession a pris possession des rues de Pointe-à-Pitre. Dans un joyeux désordre, les cuisinières ont entamé leur déambulation, au rythme des échanges, des sourires et des salutations des passants.

Sur leur passage, des friandises ont également été distribuées aux nombreux curieux venus assister aux festivités.

« Je trouve que c’est bien de perpétuer certaines traditions. »

Une passante

La fête attire aussi de nouveaux regards. Pour ceux qui la découvrent pour la première fois, les costumes, l’histoire et l’organisation de cette confrérie féminine constituent autant de raisons de se laisser séduire. Ossane Parsemain, une vacancière, participait pour la première fois à la fête des cuisinières.

« Je suis ravie de voir l’ambiance, les costumes et l’histoire derrière la fête des cuisinières, le fait que ce soit une confrérie de femmes qui se sont rassemblées. Je trouve que c’est bien de perpétuer certaines traditions. »

Ossane Parsemain, une vacancière

Même enthousiasme du côté de Rose, venue de Martinique. Elle avait fait le déplacement pour assister au Tour de Guadeloupe, mais souhaitait également profiter de l’occasion pour découvrir cette fête dont elle avait entendu parler.

« On a des défilés en Martinique de personnes en costumes traditionnels mais pas de fête des cuisinières. »

Rose, une vacancière martiniquaise

Dans une ambiance joyeuse, la procession s’est mise en mouvement pour rejoindre le Palais des sports Paul Chonchon.

C’est là que les participants ont poursuivi les célébrations autour du traditionnel déjeuner. Au menu : les plats préparés par les cuisinières, véritables ambassadrices d’un savoir-faire culinaire transmis au fil des générations.

« Nous avons pour le moment dégusté un très bon bébélé. Très belle ambiance, la population a répondu présente et tout le monde était content. De mon côté, ça fait plus d’une dizaine d’années, depuis que je suis adhérente. »

Jocelyne, membre de l’association

Si la fête célèbre 110 ans d’histoire, elle n’est pas pour autant tournée uniquement vers le passé. Car derrière les costumes et les habitudes bien ancrées, une autre histoire est en train de s’écrire : celle de la transmission. Les jeunes générations sont de plus en plus présentes aux côtés des aînées. À 12 ans seulement, Nolane participe déjà chaque année aux festivités. Pour elle, cette participation est aussi une façon d’apprendre et de se projeter dans l’avenir.

« J’ai l’habitude de participer chaque année, ça me montre déjà ce que je vais faire quand je serai plus grande. »

Nolane, 10 ans, membre de l’association

En véritable chef d’orchestre de cette fête, Rony Théophile, comme chaque année, a veillé aux moindres détails pour que cet instant de gloire des cuisinières soit mémorable.

« 110 ans, c’est la fête, c’est une fierté autant pour la Guadeloupe que pour moi-même qui mène cette équipe. C’était important de marquer le coup aujourd’hui. On l’a fait aujourd’hui avec les cyclistes pour la première fois. C’était important pour nous et puis avec une marraine particulière et jeune et un tout nouveau chef fraîchement médaillé, Raymond Rambinaising. »

Rony Théophile, président de l’association des Cuisinières de Guadeloupe

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