Tour cycliste de Guadeloupe 2026 : après neuf jours de course, aucun contrôle antidopage réalisé à l’arrivée
Le Tour entame son sprint final. Demain, on connaîtra le nom du vainqueur de cette 75e édition. Pourtant, depuis le début de l’épreuve, aucun contrôle antidopage n’a été réalisé à l’arrivée. Alors que, chaque jour, tout est prêt pour les accueillir.
Un espace est réservé aux médecins, avec des toilettes à proximité. Le dispositif est installé à chaque arrivée afin de pouvoir accueillir les préleveurs de l’Agence française de lutte contre le dopage.
« C’est ici que le médecin va le questionner sur, éventuellement, les médicaments qu’il prend, ses antécédents. Et une fois que le questionnaire est fait, il passe ensuite à la phase où il va uriner. »
Manuel Thicot, responsable du contrôle anti dopage
Les préleveurs peuvent intervenir à tout moment. Et lorsqu’ils se présentent, ce sont eux qui déterminent les coureurs qui devront être contrôlés.
« Ce n’est pas nous qui décidons du nombre de coureurs. C’est le préleveur qui vient avec sa liste. Et souvent, c’est en fonction de ceux qui ont gagné, les deux, trois premiers. Ils nous informent des coureurs qui seront désignés et il y a une feuille d’assignation pour pouvoir aller les récupérer à l’arrivée. »
Manuel Thicot, responsable du contrôle antidopage
« C’est important pour la crédibilité«
Mais après neuf jours de course, aucun préleveur de l’AFLD ne s’est présenté à l’arrivée. Pour le Comité régional de cyclisme des Îles de Guadeloupe, derrière ces contrôles se joue aussi l’image de l’épreuve.
« C’est important pour la crédibilité. Notre sport a beaucoup souffert du dopage ces dernières décennies. Le docteur fédéral a eu l’occasion d’interpeller l’AFLD. À chaque fois, ils disent qu’ils ont leur programme, qu’ils savent ce qu’ils ont à faire. »
Frédéric Théobald, président du comité régional de cyclisme des Iles de Guadeloupe
Cette absence de contrôles à l’arrivée interpelle également certains coureurs.
« Pour moi, c’est ridicule. À notre époque, alors qu’on doit payer 2,3 % à l’UCI pour les contrôles antidopage, et sur une course aussi importante, qui dure autant de jours, avec autant d’enjeux et de primes à la clé… et il n’y a aucun contrôle. »
Colin Stüssi (Team Vorarlberg) · ©Traduit de l’anglais
Même constat pour Yonis Pérès (Excelsior).
« C’est dommage pour une épreuve de cette envergure, où on accueille beaucoup de professionnels. Il y a beaucoup de niveau et nous ne sommes pas tous au même niveau. »
Yonis Perez, (Excelsior)
Rémi Marcoux (Rayon d’Argent) estime, lui, que la présence de contrôles peut aussi rassurer le peloton.
« Il y a beaucoup eu d’histoires par le passé. Nous, ça peut rassurer certains coureurs, le fait qu’il y ait des contrôles, surtout sur un Tour de Guadeloupe 2.2.
»
Rémi Marcoux (Rayon d’Argent)
Des contrôles possibles en dehors des arrivées
L’absence de préleveurs à l’arrivée ne signifie toutefois pas que les coureurs échappent à tout contrôle. Ceux-ci peuvent être réalisés avant, pendant ou après le Tour, notamment à l’hôtel ou au domicile. Et il faut parfois attendre plusieurs semaines avant d’en connaître les résultats.
« Souvent, les résultats arrivent après la course. Ce qui va se passer, c’est que ces coureurs vont être bannis du cyclisme pendant quelques mois, ou quelques années pour certains, suivant leur faute. »
Philippe Lambert, commissaire UCI et président du jury sur le Tour de Guadeloupe
En 2025, trois contrôles avaient été réalisés sur le Tour de Guadeloupe. À Marie-Galante, deux autres avaient été effectués, avec deux résultats positifs.
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