Endettée à plus de 90 millions d’euros, le maire PCF d’Ivry-sur-Seine vote une aide de 46 000 euros pour le Mali

À Ivry-sur-Seine, une aide municipale au Mali déclenche une charge du Rassemblement national. Le conseil municipal a adopté, le 2 juillet, un vœu de solidarité assorti d’une subvention de 46 000 euros sur quatre ans pour financer des projets de développement. La majorité communiste défend un partenariat ancien ; l’opposition RN y voit un mauvais usage de l’argent public.

Ivry vote 46 000 euros pour des projets au Mali, le RN s’indigne

Le vœu a été présenté par Fenda Diarra, adjointe au maire PCF Philippe Bouyssou. Il vise à soutenir des actions de développement au Mali, dans le cadre du jumelage entre Ivry-sur-Seine et la commune rurale de Dianguirdé. L’élue a expliqué vouloir « exprimer notre solidarité envers le peuple malien », condamner les violences et les actes terroristes qui touchent les civils, et réaffirmer les valeurs de paix et de dialogue entre les peuples.

Mais la décision tombe dans un contexte sensible. Les relations entre Paris et Bamako se sont fortement dégradées ces dernières années, après le départ des forces françaises, la montée d’un discours antifrançais et l’influence prise par Wagner auprès de la junte malienne. C’est précisément sur ce terrain que Kevin Nader, conseiller municipal RN, a attaqué la majorité.

En séance, l’élu a rappelé les soldats français morts lors des opérations Serval et Barkhane. « La France a déjà donné beaucoup au Mali. Elle a donné son argent, son temps, son armée, ses soldats », a-t-il lancé, avant de dénoncer une forme de contradiction : financer encore des projets au Mali alors qu’une partie des autorités maliennes désigne désormais la France comme un adversaire.

Invité dimanche sur CNews, Kevin Nader a aussi déplacé le débat vers les finances locales. Il accuse la mairie de faire un « mauvais usage des deniers publics », dans une ville dont la dette dépasserait 90 millions d’euros au 1er janvier 2026. Selon lui, cette somme devrait d’abord bénéficier aux habitants d’Ivry, pas à une action internationale, même inscrite dans un jumelage.

La majorité municipale assume, elle, une lecture inverse : il ne s’agit pas d’aider la junte malienne, mais de soutenir des populations civiles touchées par les violences et les difficultés de développement.

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