Le virus Ebola suscite à nouveau l’inquiétude en Afrique. Cette fièvre hémorragique très contagieuse et souvent mortelle se répand dans l’est de la République démocratique du Congo. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi 19 mai sur l’ampleur et la rapidité de la propagation de l’épidémie, qui a déjà fait probablement plus d’une centaine de morts. Il n’existe aucun vaccin ni traitement contre la souche du virus en circulation. Les systèmes de santé tentent de contenir le fléau avec des méthodes rudimentaires : identification rapide des cas, isolement des patients, information des populations.
La situation est d’autant plus difficile que l’épidémie frappe une région fragilisée – une crise de plus au sein de multiples crises. À l’est de la RD-Congo, les provinces d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont bouleversées par de nombreux conflits entre différents groupes paramilitaires et l’armée congolaise, mais aussi par des affrontements intercommunautaires. Les violences se déroulent dans un contexte d’exploitation débridée de ressources minières et aurifères, financée par des capitaux internationaux. Au Nord-Kivu, l’aéroport de Goma, qui sert habituellement de plateforme humanitaire, est ainsi fermé depuis janvier 2025 par la rébellion du M23, activée par le Rwanda voisin.
Il faut considérer la responsabilité indirecte des États de la région dans le surgissement et la propagation de l’épidémie. En privilégiant des stratégies de pouvoir et de captation des ressources, ceux-ci favorisent une instabilité qui détruit les structures locales de gouvernance. Alors que les virus ne connaissent pas les frontières, la menace d’Ebola conduira-t-elle à une coordination dans la lutte sanitaire ? Il faut l’espérer. Ce pourrait être le début d’un processus de coopération et de pacification.
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