Même si ce n’est pas encore son terme définitif (l’appel de la partie civile restant évident, lire ci-contre), l’issue judiciaire prononcée constitue l’exutoire à laquelle était suspendue l’opinion. Depuis mars 2023, il ne s’est pas passé un jour, une semaine, un mois où ce dossier poignant n’ait réveillé (ou retourné) les peines enfouies, les déchirures ressassées, que l’on souhaitait voir réglées. Mais le verdict est loin d’effacer toutes les récriminations que le fil (plutôt la conduite) de l’affaire n’a fait qu’exacerber, ayant même fait naître de nombreuses incertitudes formelles.
C’est vrai ! Trop de questions attendent des réponses, le long procès n’ayant pas pu évacuer tous les motifs d’insatisfaction qui tenaillent les uns et les autres. Les défaillances déplorées dans l’organisation des secours, l’absence d’une enquête nautique pour bien situer les responsabilités des parties, la non-prise en compte de bien des pans importants des récits des rescapés a eu pour effet de diluer les contours pertinents du dossier. Or, en tempérant, on soustrait les forces susceptibles de dégager les entraves qui priveraient de tirer les enseignements pour qu’une telle tragédie ne se reproduise.
Il est vrai qu’avec 34 morts, 16 disparus et des rescapés, il n’était pas aisé de transiger en spécifiant chaque cas. En cela, la justice a commis une oeuvre titanesque louable, l’étalant dans le temps pour mieux saisir tous les enjeux qui en découlaient et décider judiciairement en toute connaissance de cause. Il y a comme un goût d’inachevé, tant que vont subsister ces nombreuses zones d’ombre qui annihilent la compréhension et prolongent la lourde ambiance du désastre de cette nuit du 9 mars 2023.
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