Gabon : Plus de 80 partis « fantômes » sous la menace d’une (…) – Info241 – Actualités en temps réel du Gabon, d’Afrique centrale et du monde

Le compte à rebours s’accélère vertigineusement pour la classe politique gabonaise. À moins d’un mois de la date butoir du 27 juin, l’étau se resserre sur les formations politiques sommées de s’arrimer aux nouvelles dispositions de la loi du 27 juin 2025. Passé ce délai fatidique, le ministère de l’Intérieur procèdera à un nettoyage au scalpel du fichier des partis légalement reconnus, rayant définitivement de la carte ceux qui ne seront pas en règle.

Les chiffres donnent d’ailleurs le tournis et laissent présager une véritable hécatombe. Sur les 104 formations politiques officiellement recensées à ce jour sur le territoire, à peine une petite vingtaine a franchi les portes du 119 rue Jean-Baptiste Ndendé, siège du département ministériel, pour y déposer les fameux dossiers de régularisation.

 Les poids lourds sécurisent leurs arrières, les autres paniquent

Dans le camp des bons élèves ayant déjà montré patte blanche, les mastodontes de l’arène politique répondent logiquement à l’appel. L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le Parti démocratique gabonais (PDG), le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), l’Union nationale (UN) et l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS) ont très vite sécurisé leur existence légale. À leurs côtés, des écuries plus modestes mais réactives, comme le Front pour la défense de la République (FDR), le Parti républicain et démocratique (PRD) ou les sept Merveilles du peuple (7MP), ont également tiré leur épingle du jeu.

Pour la très grande majorité des autres écuries, c’est le branle-bas de combat. De nombreux leaders remuent actuellement ciel et terre, engagés dans une véritable course contre la montre pour tenter de satisfaire aux prescriptions légales avant le couperet du 27 juin prochain.

 La fin programmée des partis politiques unipersonnels

Il faut dire que la barre a été placée extrêmement haut pour en finir définitivement avec ces partis « mallettes » cantonnés à l’ombre de leurs seuls présidents fondateurs. La nouvelle législation exige de justifier d’une force de frappe d’au moins 10 000 militants, tous détenteurs d’un Numéro d’identification personnelle (NIP) et obligatoirement répartis sur les neuf provinces du pays. Une présence physique et administrative est également requise, incluant un siège en bonne et due forme, des statuts, un règlement intérieur et un compte bancaire actif.

Ce grand coup de balai institutionnel est scruté avec une impatience non dissimulée par les populations. Cette échéance tant attendue doit matérialiser « une rupture avec certaines pratiques du passé, à travers la modernisation et la rationalisation du débat démocratique ». L’objectif affiché est limpide : purger l’écosystème pour ne conserver que des partis réellement représentatifs et structurés autour de véritables projets de société.

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