Festival Cabaret Sauvage à la Villette (26-juin-2 juillet)

Le Festival d’Été du Cabaret Sauvage ouvre une fenêtre puissante sur les musiques africaines. Le 26 juin, Bombino et Kader Tarhanine portent le blues touareg à Paris. Le 2 juillet, Seun Kuti & Egypt 80 rallument l’afrobeat nigérian, avec Ajate en première partie.

Paris a ses scènes d’été. Certaines misent sur l’affiche facile. Le Cabaret Sauvage, lui, choisit le voyage musical, sans folklore ni carte postale. Dans le cadre de son Festival d’Été 2026, le chapiteau de la Villette programme deux soirées qui racontent une partie essentielle des circulations africaines contemporaines : le Sahara électrique, le 26 juin, puis Lagos et l’héritage afrobeat, le 2 juillet.

La première soirée réunit Bombino et Kader Tarhanine. Deux noms, deux parcours, une même géographie musicale : celle du désert, des routes sahéliennes, des guitares amplifiées et des langues touarègues. Le Cabaret Sauvage annonce une soirée de « blues touareg », avec ouverture des portes à 19h30 et début des concerts à 20h.

Bombino, originaire d’Agadez au Niger, est l’un des musiciens qui ont imposé le Sahara sur les scènes rock internationales. Sa guitare avance comme une phrase longue : hypnotique, nerveuse, solaire. Elle porte une mémoire nomade, mais elle parle aussi au présent. Le Cabaret Sauvage insiste sur cette double dimension : un blues du désert enraciné dans la culture touarègue, mais traversé par l’énergie du rock.

Face à lui, ou plutôt à ses côtés, Kader Tarhanine représente une autre génération de cette grande famille musicale. Né au Niger de parents maliens, grandi à Tamanrasset en Algérie, il s’est imposé depuis 2012 comme l’une des voix marquantes de la nouvelle scène touarègue. Sa musique combine tradition orale, rythmes sahéliens et sonorités rock modernes.

La guitare touarègue, mémoire en mouvement

Cette soirée du 26 juin vaut mieux qu’un simple label « musiques du monde ». Le blues touareg raconte une histoire politique, sociale et intime. Il dit l’exil, la route, l’attachement à la langue, le lien au territoire, la solitude et la fête. Il parle aussi de modernité. Ces musiciens ne rejouent pas un patrimoine figé : ils l’électrisent.

À Paris, cette musique prend une résonance particulière. Elle arrive devant un public composite, fait de curieux, de connaisseurs, de diasporas, d’amateurs de rock, de blues et de musiques africaines. Le Cabaret Sauvage devient alors un point de passage. On y entend le Niger, le Mali, l’Algérie, mais aussi Paris, ville de concerts, de circulations et de scènes diasporiques.

Le 2 juillet, changement d’axe : direction Lagos. Seun Kuti & Egypt 80 prennent la scène avec l’afrobeat comme moteur. Le plus jeune fils de Fela Kuti dirige l’ancien groupe de son père, Egypt 80. Le Cabaret Sauvage rappelle qu’il a rejoint la formation très jeune comme saxophoniste et percussionniste, avant d’en prendre la tête après la mort de Fela en 1997.

Chez Seun Kuti, l’afrobeat n’est pas une relique familiale. C’est une langue de combat. Elle mêle funk, jazz, highlife, folk nigérian, cuivres puissants, rythmiques longues et écriture politique. Son album Heavier Yet, paru en 2024, prolonge cette ligne : une musique dansante, mais jamais décorative.

L’afrobeat comme scène politique

La présence de Seun Kuti au Cabaret Sauvage rappelle une évidence : l’afrobeat est né pour faire bouger les corps, mais aussi pour tenir tête au pouvoir. Fela Kuti en avait fait une arme sonore. Seun en poursuit l’esprit sans se contenter de l’hommage. Il ne copie pas l’héritage : il l’habite, le durcit, le relance.

La première partie ajoute un détour inattendu. Ajate, projet du musicien japonais John Imaeda, mêle les musiques de fêtes japonaises ohayashi à l’afrobeat et aux sonorités d’Afrique de l’Ouest. Le collectif réunit dix musiciens, des tambours, des flûtes, des instruments en bambou fabriqués à la main et des chants puissants.

Ce rapprochement entre tradition japonaise et groove afrobeat pourrait sembler improbable. Sur scène, il dit surtout quelque chose de très actuel : les musiques africaines ne circulent plus seulement dans un axe Afrique-Europe-Amériques. Elles infusent aussi d’autres imaginaires, d’autres rituels, d’autres scènes. L’afrobeat devient une grammaire mondiale, capable de dialoguer avec des formes très éloignées sans perdre son ancrage nigérian.

En deux dates, le Cabaret Sauvage propose donc un récit musical compact : le 26 juin, la guitare saharienne ; le 2 juillet, la transe afrobeat. Deux soirées, deux intensités, deux manières de rappeler que les musiques africaines ne sont pas un supplément exotique de l’été parisien. Elles en sont l’un des centres vivants.

Informations pratiques
Événement : Festival d’Été 2026 du Cabaret Sauvage
Lieu : Cabaret Sauvage, Parc de la Villette, Paris 19e
Vendredi 26 juin 2026 : Bombino + Kader Tarhanine
Jeudi 2 juillet 2026 : Seun Kuti & Egypt 80 + Ajate
Horaires annoncés : ouverture des portes à 19h30, début des concerts à 20h
Tarifs annoncés : Early bird 20 € / Regular 28 €, hors frais de location
Billetterie : Shotgun, via le site du Cabaret Sauvage


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.