Trois semaines après l’échec de la commission mixte paritaire (CMP) du 2 juin, le texte revient pour une troisième lecture à l’Assemblée nationale. Le 30, les députés voteront solennellement, s’exprimant pour ou contre la légalisation de l’euthanasie. Le texte passera ensuite à nouveau au Sénat au début du mois de juillet. Les partisans espèrent une adoption définitive pour le 15 juillet. Après deux ans de débats parlementaires et un parcours chaotique, la France s’approche peut-être de la légalisation de cette pratique.
Une expérience « difficile » dans les médias du service public
Pour Dominique Reynié, il est plutôt « difficile » de s’affirmer contre l’euthanasie dans les médias, particulièrement ceux du service public. Il évoque une expérience « pénible » dans l’émission C à Vous, à laquelle il a été convié en février. Avec lui sur le plateau, Jonathan Denis, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). Ce dernier, fervent partisan de la légalisation de l’euthanasie, a été invité pour offrir « une contrepartie » à la position défavorable de Dominique Reynié. Le président de la Fondapol affirme qu’il « n’a pas du tout été informé » de la présence de Jonathan Denis. « Si on vous présente les témoignages de personnes qui souffrent et qui vous demandent le droit de mourir« , explique Dominique Reynié, « évidemment que, par compassion, vous dites que vous ne les empêcherez pas de mettre fin à leurs souffrances ». C’est ce qui lui est arrivé dans le cadre de cette émission. Il qualifie cette unique intervention sur France Télévisions de « piège » qui reflète un « faux débat médiatique ».
Il y a un faux débat médiatique.
Des sondages parfois biaisés
Ce « faux débat » se fonde sur divers sondages réalisés auprès des français. Ils donnent des résultats très différents. Dominique Reynié évoque le sondage mené par l’ADMD avec l’institut Ifop mené à la fin du mois de janvier. Les résultats indiquent que 87% des Français (sur 1000 personnes interrogées) sont favorables à ce que des personnes « en fin de vie puissent choisir entre soins palliatifs et aide active à mourir ». En d’autres termes, qu’elles puissent choisir l’euthanasie. En octobre 2025, la Fondapol a mené un sondage auprès de 3021 personnes sur le même sujet. Les résultats obtenus sont drastiquement différents de ceux de l’ADMD. 50% répondent qu’il faut d’abord proposer des soins palliatifs partout en France et ensuite seulement envisager l’introduction d’un « droit à l’aide à mourir ». Dominique Reynié dénonce un manque de clarté dans la formulation des questions du sondage ADMD.
C’est faux ; l’euthanasie n’est pas une mesure que demande la majorité des Français.
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