« Dans le médical, il est difficile de remplacer le plastique » : MIP Plastic a trouvé un nouveau souffle
Ingénieur en plasturgie, diplômé de l’ISPA d’Alençon (école de plasturgie) et passé par la direction d’usine, Dominique Philippot a repris MIP (moulage industriel de Perseigne), à Villeneuve-en-Perseigne (Sarthe), à un moment charnière. L’entreprise appartenait alors au groupe allemand Knauf. Le marché se cassait la figure avec la dématérialisation
, résume le dirigeant. Mais le site avait deux atouts : ses propres produits et une forte activité à l’export. Je me suis dit que cela tiendrait le temps de basculer vers le médical et le pharmaceutique, un domaine que je connaissais.
Ce virage a transformé l’entreprise. Aujourd’hui, le groupe, avec 150 collaborateurs répartis sur cinq sites, réalise près de 90 % de son activité dans les secteurs de la santé. À Villeneuve-en-Perseigne, plus de vingt personnes travaillent actuellement, essentiellement issues de la commune et des environs. Le site s’est spécialisé dans l’injection bi-matière et l’assemblage de petites séries médicales.
Valorisation des déchets
Les pièces produites entrent dans des systèmes de distribution de médicaments, des dispositifs de protection de seringues ou encore des ensembles destinés à des équipements médicaux de haute précision. Certaines productions sont réalisées en salle propre, dans un environnement où l’air est filtré afin de répondre aux exigences du secteur.
Alors que le plastique est souvent critiqué, Dominique Philippot défend une approche pragmatique. Dans le médical, il est difficile de remplacer le plastique.
L’usage unique,
souligne-t-il, reste parfois indispensable pour éviter les contaminations et limiter les risques sanitaires. L’entreprise travaille aussi sur la valorisation de ses déchets industriels et sur des matières biosourcées ou biodégradables, lorsque les marchés le permettent.
Formation interne
Le dirigeant insiste enfin sur l’importance des compétences. Le groupe a mis en place une politique de formation interne, avec un ingénieur dédié à la montée en compétences des équipes. Si on veut faire de la bonne qualité, il faut savoir faire. Donc il faut être formé, il n’y a pas de mystère
, estime-t-il.
MIP Plastic démontre qu’une industrie de haute technicité peut continuer à vivre et à se développer dans un territoire rural.
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