À droite toute ! Colombie, Chili, Argentine… Ou comment l’extrême droite et la droite radicale conquièrent l’Amérique du Sud

« C’est la confirmation de la Trumpisation de l’Amérique et de l’Amérique du Sud en particulier. Cette victoire en Colombie reflète bien les influences de Donald Trump, de Javier Milei en Argentine, de Nayib Bukele au Salvador ou de José Antonio Kast, élu au mois de décembre au Chili. On assiste à une sorte d’Internationale des droites radicales qui sont en train de se réunir sur certains aspects« , analyse Frédéric Louault, docteur en science politique et spécialiste de l’Amérique du Sud.

Au-delà de la Colombie, la carte politique du continent raconte la même histoire : Argentine à l’extrême droite, Équateur et Pérou à droite radicale, Chili basculé à l’extrême droite, Colombie désormais dans le même camp. À l’inverse, le Brésil et l’Uruguay restent ancrés à gauche ou centre gauche, tandis que le Venezuela incarne toujours un régime issu de la gauche devenue autoritaire.

Tous [ces pays d’Amérique du Sud] se rejoignent autour de thèmes assez similaires

Frédéric Louault, docteur en science politique et spécialiste de l’Amérique du Sud

Pour Frédéric Louault, cette recomposition n’est pas un accident électoral isolé mais une transformation de fond : « Tous se rejoignent autour de thèmes assez similaires comme : la lutte contre la gauche au sens large, la dérégulation et la destruction de l’Etat, l’utilisation de la manière forte pour lutter contre l’insécurité et contre la criminalité.« 

Depuis une dizaine d’années, le mouvement s’accélère. Les droites traditionnelles reculent, parfois écrasées entre une gauche encore solide et des figures radicales qui captent la colère sociale. « Depuis maintenant une dizaine d’années, on assiste à une radicalisation des droites. Aujourd’hui, les droites traditionnelles sont littéralement écrasées par les droites radicales et l’extrême droite« , poursuit le codirecteur du Centre d’étude des Amériques (AmericaS) à l’ULB. « Elles sont prises entre un bloc de gauche qui reste quand même assez solide et ces outsiders d’extrême droite, parfois néophytes en politique, qui se présente avec une nouvelle radicalité et qui viennent siphonner l’électorat de droite. On assiste donc à une quasi-disparition des options politiques de droite qui ont gouverné depuis quasiment le retour des démocraties au milieu des années 1980. C’est l’élément neuf et marquant depuis l’élection de Donald Trump en 2016.« 

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