La réunion des Hautes-Terres qui s’est tenue mardi avait des allures de tournée d’adieux pour Denis Landry, qui va bientôt terminer son premier et seul mandat comme maire de cette municipalité encore naissante.
M. Landry, qui a maintenant 68 ans, avait annoncé dans nos pages, en janvier, qu’il allait se retirer de la vie politique. Il mettra donc fin à une carrière qui remonte à 1995, alors qu’il avait été élu député de Centre-Péninsule sous Frank McKenna.
Son engagement public avait toutefois débuté lorsqu’il n’avait que 18 ans. À l’époque, il était impliqué dans des mouvements syndicalistes.
Cinquante ans plus tard, il désire prendre du repos et se consacrer à des projets moins exigeants.
Mardi soir, à Paquetville, plusieurs conseillers ont tenu à lui exprimer leur gratitude. Pendant un moment on aurait cru à une famille qui voyait l’un des siens partir au loin. En plusieurs occasions, rires et applaudissements sont venus de la salle.
Cathy Paulin, qui succédera à M. Landry, puisqu’elle a été élue maire par acclamation, a été la première à s’exprimer.
«J’ai eu la chance d’apprendre d’une personne qui avait un grand bagage et je te dirai que grâce à toi, je suis prête.»
Le conseiller Danny Comeau connaît pour sa part M. Landry depuis 25 ans. Il voit en lui un travailleur acharné, mais aussi un homme «à l’écoute».
«Il peut s’ajuster à toutes les catégories de personnes, a-t-il repris. Il peut parler à quelqu’un de pauvre ou d’extrêmement riche.»
Partir l’esprit tranquille
Michel Haché, élu conseiller en décembre 2024 (en remplacement de Luc Robichaud, devenu député provincial), dit avoir trouvé chez le maire «un excellent guide», ce qui «a été définitivement positif pour nous sur le terrain».
Le nouveau directeur général et greffier des Hautes-Terres, Éric Doiron, disait presque regretter d’être entré en poste au moment où le maire va se retirer.
«Ça fait juste trois mois que je travaille avec vous, mais quelle expérience!»
«Vous êtes un politicien fantastique, a-t-il repris. J’en ai connu beaucoup dans ma carrière, mais vous êtes assez spécial.»
Le principal concerné s’est montré touché par tous ces commentaires. Son objectif, a-t-il rappelé, était d’asseoir la nouvelle municipalité sur de bonnes bases.
«Je trouve qu’on a fait des choses extraordinaires en trois ans et demi, et s’il y a autant de choses de faites dans les quatre prochaines années, vous verrez la municipalité des Hautes-Terres transformée.»
Il a également rappelé que son engagement social avait exigé de sa femme bien des sacrifices durant leurs 50 ans de vie commune.
En début de réunion, il avait même lancé en riant: «Il y a une personne qui est avec nous ce soir. Je l’ai vue à la première réunion, et je la vois à la dernière: c’est mon épouse. C’est une surprise. C’est juste pour être sûr que c’était ma dernière (réunion).»
Le conseiller des Hautes-Terres, Albert Lagacé, élu une première fois en 2022 dans les Hautes-Terres, ne sera pas candidat lors des prochaines élections. – Acadie Nouvelle: Bernard Haché
Départ d’un conseiller au franc-parler qui a atteint le cap des 80 ans
Albert Lagacé, qui a été élu en 2022, a lui aussi décidé de quitter la politique municipale. Ayant franchi le cap des 80 ans depuis quelques années, il avait déjà annoncé que le temps était venu pour lui de laisser sa place.
Il n’en demeure pas moins actif, puisqu’il s’apprête à retrouver son emploi au Village historique acadien.
M. Lagacé, qui ne s’est jamais caché pour dire ce qu’il pensait, a reconnu mardi qu’il n’avait jamais hésité à soutenir des positions contraires à celles de ses collègues du conseil lorsqu’il l’avait jugé nécessaire, ce qui ne l’a pas empêché d’exprimer sa reconnaissance à leur endroit.
«J’aimerais remercier les membres du conseil de leur appui. C’est vrai que des fois j’étais un peu contre, mais ils respectaient mes décisions.»
De tous, le conseiller Danny Comeau est celui qui lui a témoigné la plus vive gratitude.
«J’ai beaucoup d’admiration pour vous. Vous aviez des opinions, puis vous les poussiez. La démocratie, c’est la différence d’opinions. Faut pas être une gang (troupeau) de brebis qui suit le berger. Puis vous avez enrichi le débat.»
«Nos idées se sont souvent confrontées, a repris M. Comeau, mais pas les individus (que nous sommes). On a toujours eu une belle collaboration.»
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