G7 en France : Washington mène la danse, un sommet aux angles morts climatiques et sociaux

Du 15 au 17 juin, à Évian-les-Bains, la France accueille le sommet du G7, un forum réunissant certaines des principales puissances économiques mondiales : l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni ainsi que l’Union européenne. Parmi les plus riches et les plus développés, ces pays sont aussi les plus grands responsables historiques du dérèglement climatique. Ils disposent de moyens financiers, humains et techniques pour agir, et portent une responsabilité particulière face à cette crise.

Quatre pays invités, le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde et le Kenya participent officiellement aux échanges à Évian. La France a choisi de préserver l’unité du G7, malgré les contestations répétées des États-Unis à l’égard du droit international, une posture conflictuelle envers plusieurs partenaires du G7, et une stratégie de sécurité nationale mettant l’accent sur la domination énergétique. La France a donc sécurisé le soutien des États-Unis en évitant les sujets qui fâchent, climat, genre, fiscalité, au profit d’un consensus minimal loin d’une réelle réponse aux déséquilibres mondiaux.

Un G7 structuré autour des déséquilibres économiques

La présidence française a opté pour une stratégie centrée sur des diagnostics partagés des déséquilibres mondiaux. Les priorités du G7 sont relativement claires : encourager la Chine à renforcer davantage sa consommation intérieure, inciter les États-Unis à traiter leurs problèmes de dette publique, et soutenir une augmentation des investissements en Europe.

Les discussions ministérielles ont montré une convergence croissante, y compris du côté des États-Unis, autour d’un récit renouvelé, notamment sur les partenariats mutuellement bénéfiques. Toutefois, cette lecture privilégie une approche macroéconomique classique, sans interroger suffisamment les causes structurelles de ces déséquilibres : inégalités globales, rapports de force économiques et concentration des richesses.

De plus, compte tenu des dynamiques de pouvoir actuelles et des débats en cours au sein du G7, les priorités vont continuer à refléter les objectifs des pays donateurs, comme en témoigne le retour de l’aide liée et des politiques industrielles visant à soutenir les économies développées et émergentes.

Le G7, un espace de pouvoir économiquement dominant mais politiquement contesté

Le G7 ne saurait se substituer à l’ONU, qui demeure le cadre le plus légitime et inclusif pour la coopération internationale, notamment sur les enjeux climatiques, fiscaux et de développement. Toutefois, en tant que regroupement des principales économies mondiales, il conserve une responsabilité particulière dans l’orientation des règles et des financements internationaux, et ne peut ignorer les discussions multilatérales en cours, en particulier sur la fiscalité et la lutte contre les inégalités globales.

Au G7, les ministérielles structurent l’agenda, les événements parallèles en élargissent le cadre

Plusieurs événements du G7 se sont également tenus en marge des réunions ministérielles (hors G7 et hors blocage américain), tels que l’événement Méthane du 4 mai, en lien avec les négociations de la COP31, Africa Forward, qui interroge l’approche partenariale de la France et les bénéfices mutuels réels qu’elle peut générer, ou encore une rencontre consacrée à la désinformation, notamment climatique, en lien avec les négociations internationales sur le climat.

Thématiques clés et angles morts du G7 pour le Réseau Action Climat :

  • Réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux (excédents/déficits entre pays) sans évoquer les leviers structurels
  • La sécurisation des chaînes de valeur : minerais critiques et approvisionnement stratégique
  • Des partenariats soit-disant “mutuellement bénéfiques”
  • Absence de l’urgence climatique et de l’égalité de genre

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