Gabon : le nganga et le ritualiste , ces professions reconnues par le Code de la santé | Gabonmediatime.com
Le Gabon dispose désormais de son tout premier Code de la santé, publié le 15 avril dernier au Journal officiel. Ce texte marque une évolution majeure dans l’organisation du secteur sanitaire national. Destiné à formaliser les objectifs de santé publique et à mieux structurer le système de santé, il consacre également une avancée importante pour la médecine traditionnelle en reconnaissant officiellement les professions de nganga et de ritualiste en République gabonaise.
Le Code organise désormais le système de santé autour de trois composantes, le secteur public, civil et militaire, le secteur privé et la médecine traditionnelle. Ainsi, le sous-titre V consacré à «la médecine traditionnelle et aux médecines alternatives» précise, dans son article 439, que «sont reconnues en République gabonaise comme professions de médecine traditionnelle, le nganga (…) et le ritualiste ».
Notons que cette reconnaissance est une véritable victoire. En effet, elle répond à une recommandation formulée lors du Dialogue national inclusif (DNI) par le Conseil national des rites et traditions du Gabon (CNRTG), qui plaidait pour une officialisation de cette médecine.

Des conditions strictes pour exercer
Le Code de la santé définit le ritualiste comme « une personne qui fait principalement des rites religieux ou non pour soigner ». Quant au nganga, considéré comme un médecin traditionnel, il est présenté comme « une personne qui consulte à titre de voyance, pratique des soins selon des méthodes traditionnelles, concourant au bien-être physique, mental, social et spirituel des populations ». Cette distinction est encadrée par l’article 441, qui précise que ces praticiens, pour exercer, doivent justifier d’une bonne moralité, être majeurs et surtout être reconnus par le Comité national des praticiens de la médecine traditionnelle.
Outre ces conditions, ils doivent également obtenir une autorisation d’exercice de la médecine traditionnelle délivrée par le ministère de la Santé. Ces dispositions constituent ainsi des garde-fous destinés à protéger les populations ayant recours à ces pratiques contre les arnaques et les dérives. Cette mesure apparaît d’autant plus nécessaire que de nombreux faits divers relayés par les médias mettent régulièrement en cause de faux praticiens de la médecine traditionnelle, notamment dans l’hinterland.
Au-delà du nganga et du ritualiste, le Code reconnaît également d’autres professions de la médecine traditionnelle, parmi lesquelles l’accoucheuse traditionnelle, l’herboriste et le tradithérapeute. Cette reconnaissance officielle traduit la volonté des pouvoirs publics d’intégrer davantage les savoirs traditionnels dans l’architecture du système de santé national, tout en les soumettant à un cadre réglementaire précis.

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