Un tribunal ghanéen a condamné lundi à 20 ans de prison une figure influente de l’opposition, reconnue coupable d’exploitation minière illégale, une affaire qui a suscité une forte attention dans le pays.
Premier producteur d’or en Afrique, le Ghana est confronté à une explosion de l’exploitation minière clandestine, connue localement sous le nom de
« galamsey », qui s’accompagne ces dernières années d’une pollution environnementale croissante, de menaces pour la production de cacao et
d’accusations de corruption politique.
Les autorités estiment que les activités de « galamsey » ont entraîné la destruction de forêts, la pollution de cours d’eau et coûtent au pays environ
deux milliards de dollars par an. La Haute Cour d’Accra a déclaré Bernard Antwi-Boasiako, président de la branche régionale d’Ashanti du Nouveau Parti Patriotique (NPP, opposition), coupable des six chefs d’accusation retenus contre lui, notamment l’attribution illégale de droits miniers et la facilitation intentionnelle d’activités minières sans licence.
Cette affaire fait suite à l’arrestation en avril 2025 de plusieurs exploitants miniers et à la saisie d’excavatrices, d’armes à feu et de liquidités lors d’une opération de police. « L’accusation n’a jamais été contestée. L’accusé a reconnu qu’aucune approbation ministérielle n’avait été obtenue », a déclaré la juge Audrey Kocuvie-Tay.
L’opposition accuse le gouvernement de John Mahama de mener une campagne ciblée contre ses membres
La loi ghanéenne prévoit des peines de prison allant de 15 à 25 ans pour ce type d’infractions. La condamnation de Bernard Antwi-Boasiako intervient dans un contexte de tensions politiques autour des poursuites visant des membres et anciens responsables de l’ancienne administration.
L’opposition accuse le gouvernement de John Mahama, au pouvoir depuis l’an dernier, de mener une campagne ciblée contre ses membres.
I am deeply concerned about the arrest and continued detention of the Ashanti Regional Chairman of the New Patriotic Party (NPP), Mr. Bernard Antwi-Boasiako (Wontumi), particularly as the charges remain vague, and his whereabouts remain unknown.
In a democratic environment as… pic.twitter.com/OLL1oqVzL1
— Dr. Mahamudu Bawumia (@MBawumia) May 28, 2025
Le parti au pouvoir rejette ces accusations, affirmant que les enquêtes et les poursuites reposent sur des preuves.
Bernard Antwi-Boasiako, plus connu sous le surnom de « Chairman Wontumi », est une personnalité de premier plan du NPP, qui a dirigé le Ghana de 2017 à 2025 avant de céder le pouvoir au Congrès national démocratique (NDC) de John Mahama.
Plusieurs responsables du NPP, dont l’ancien ministre des Finances Ken Ofori-Atta, ont fait l’objet d’enquêtes depuis le retour au pouvoir du NDC,
même si le gouvernement affirme que ces affaires ne sont pas motivées politiquement. Bernard Antwi-Boasiako peut faire appel de sa condamnation.
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