(Saint-Charles-Borromée, Québec) Pour les premiers arrivés, c’était une entrée en matière chaotique. Voici Steve Bégin, en manches courtes, qui presse le pas pour se cacher de la pluie et de l’air frais qui balaie le Club de golf de Joliette.
Daniel Melançon arbore la même tenue. « Le pire, c’est que je ne joue jamais au golf en bermuda ! », regrette-t-il, sous un mercure qui dégringole dangereusement près des 15 °C.
Quelques instants plus tard, les vents violents renverseront la toile d’arrière-plan que les organisateurs du tournoi avaient installée pour la mêlée de presse de Dominique Ducharme.
« C’est la septième édition, mais la première fois qu’on a de la pluie », lance Ducharme, partiellement à l’abri des éléments sous un toit, en entrevue avec La Presse.
La grisaille fera ensuite place au soleil, pour permettre une arrivée au sec pour les loustics Luc Gélinas et Marc-André Perreault, au nombre des têtes d’affiche attendues.
C’est une journée à l’image des dernières semaines de la vie de Ducharme : une tempête, puis le retour au calme.
La tempête a commencé par le parcours jusqu’en finale de la Coupe Stanley des Golden Knights, où notre homme vient de renouveler son contrat à titre d’entraîneur adjoint.
« On dirait que c’était hier, note-t-il, encore dépassé par les évènements. On n’a pas vraiment arrêté. Ça a fini, ensuite on a négocié, ensuite le camp de développement à Vegas, ensuite un camp en Europe avec mon fils. Je suis revenu à Joliette dimanche, et là, c’est le tournoi. Je n’ai pas eu le temps de tourner la page. »
« Être si près, c’est dur »
Allons-y en ordre chronologique. La finale était sa deuxième en cinq ans, après celle de 2021 lors de son mandat d’entraîneur-chef du Canadien. Deux finales, deux défaites, mais cette fois, ses Golden Knights ont été nettement plus dans le coup que le Tricolore l’avait été face au Lightning à l’époque.
« Justement, on sentait qu’on était dans une bonne position », souligne le Joliettain.
Pour rappel, les Knights avaient gagné le match numéro 1, et menaient 2-0 après deux périodes dans le deuxième match. Ils étaient donc à 20 minutes de rentrer à Vegas avec une avance de 2-0 dans la série. Ils ont finalement perdu ce duel, mais ont gagné le suivant pour se redonner l’avance 2-1.
« On menait 2-1 et ç’aurait pu être 3-0, ajoute Ducharme. Plein de petits moments ont fait qu’on n’a pas réussi. C’est ça qui est dur… pas à accepter, mais à digérer. Des moments qui ont fait tourner la série. Ça ne se joue pas sur grand-chose et si on pouvait retourner à une action, à un moment, le résultat aurait pu être différent. »
Ces actions et ces moments, quels sont-ils ? Il ne cherche pas bien longtemps. « Dans le match numéro 2, on mène 2-0, ils reviennent, puis on marque avec trois minutes à jouer, mais les arbitres refusent le but. C’est quelque chose qu’on ne contrôle pas, mais à la base, on menait le match 2-0. »
Il se rappelle « une erreur » qui donne le but gagnant aux Hurricanes dans le match 4. Il a l’élégance de ne pas nommer précisément le revirement de Shea Theodore, mais c’est ce jeu qui saute aux yeux sur le but gagnant de Jordan Staal.
« Frederik Andersen se blesse, Brandon Bussi rentre. Différentes choses comme ça qui ont changé un peu la trajectoire de la série, poursuit-il.
« Être si près, c’est dur. Quand tu as la chance, tu veux en profiter. Ça n’a pas marché, mais on va s’arranger pour y retourner une autre fois ! », ajoute-t-il, en affichant le sourire de l’homme bien conscient de la difficulté « d’y retourner ».
Vegas plutôt que Minsk
Aussitôt la finale terminée, des bruits en provenance du Vieux Continent envoyaient Ducharme à Minsk, dans la KHL. Son contrat à Vegas expirait, et avec la fin de l’intérim de John Tortorella, les Knights nommaient Ryan Craig comme nouvel entraîneur-chef.
C’était, dans la prose du souriant confrère Simon-Olivier Lorange, l’été des possibles1.
« J’y ai pensé fort, ils étaient pas mal agressifs, note-t-il à propos du Dinamo de Minsk. C’est une bonne ligue de hockey. »
Ducharme a finalement renouvelé ses vœux avec les Knights, pour trois ans, notamment parce qu’il espère toujours retrouver un poste d’entraîneur-chef dans la LNH, et qu’il estime que son rôle d’adjoint à Vegas le place dans la meilleure position.
« Le fait d’être dans une bonne organisation, avec une bonne équipe, ça faisait partie de la réflexion et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de rester », ajoute-t-il.
Le reste de la tempête était un brin moins houleux. L’école de hockey avec son fils, Xavier, c’était à Anglet, commune voisine de Biarritz, où la patinoire donne sur le golfe de Gascogne. « Tu sors de l’aréna, tu es sur la plage », s’émerveille-t-il. Il y a effectivement pire dans la vie.
1. Lisez l’article « L’été des possibles de Dominique Ducharme »
Plus de 150 000 $ amassés
Au moment où ces lignes étaient écrites, Carine Paquin, administratrice de la Fondation Dominique Ducharme et conjointe de l’entraîneur-chef, estimait que l’édition 2026 de la Classique de golf Dominique Ducharme avait permis d’amasser plus de 150 000 $. Ces fonds seront remis à la Fondation Dominique Ducharme qui, elle, fait des dons à la Fondation Espace Jeunesse Lanaudière, la Fondation des Samares, la Société de l’autisme de Lanaudière et Pour 3 points.
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