La guerre au Soudan, opposant depuis avril 2023 l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), a provoqué, selon l’ONU, la plus grande crise alimentaire au monde.
La plus grande crise alimentaire au monde
Dans un communiqué commun, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) ont estimé qu’environ 19,5 millions de personnes étaient aujourd’hui confrontées à une situation de faim d’un niveau critique.
Ces chiffres sont tirés du dernier rapport, publié jeudi, par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l’ONU basé à Rome qui mesure la faim et la malnutrition dans le monde.
« La faim et la malnutrition menacent des millions de vies », a déclaré Cindy McCain, directrice du PAM, appelant à une action internationale urgente pour « empêcher cette crise de se transformer en une tragédie encore plus grave ».
Des réfugiés soudanais récemment arrivés sont assis dans leur abri provisoire au camp de réfugiés d’Oure Cassoni après avoir quitté le Soudan, le 24 février 2026 à Oure Cassoni, au Tchad. (Dan Kitwood/Getty Images)
135.000 personnes à des niveaux de faim « catastrophiques »
Quatorze zones du Darfour-Nord, du Darfour-Sud et du Kordofan-Sud sont menacées de famine, alors qu’environ 135.000 personnes y souffrent déjà de niveaux de faim « catastrophiques ».
Cette évaluation repose sur « un scénario pessimiste mais plausible », prenant en compte une intensification des combats et de nouvelles restrictions à l’accès humanitaire ainsi qu’à la circulation des biens et des personnes.
Le chiffre actuel de 19,5 millions de personnes confrontées à une faim aiguë est légèrement inférieur à l’estimation d’octobre dernier, qui s’élevait à plus de 21 millions, lorsqu’une famine avait été confirmée à El-Facher (ouest) et à Kadougli (sud).

Des réfugiés soudanais reçoivent une aide alimentaire au camp de réfugiés d’Oure Cassoni après leur arrivée du Soudan, le 23 février 2026 à Oure Cassoni, au Tchad. En avril 2023, une guerre civile a éclaté entre les Forces armées soudanaises (SAF) et le groupe milicien armé des Forces de soutien rapide (RSF). Ce conflit en cours a jusqu’à présent déplacé environ 14 millions de personnes dans toute la région, déclenchant une crise humanitaire généralisée, alors que des pays voisins comme le Tchad peinent à accueillir les réfugiés, tout en faisant face à des populations déjà confrontées à des taux de pauvreté élevés et à l’insécurité alimentaire. (Dan Kitwood/Getty Images)
L’armée a repris Kadougli en février, tandis qu’El-Facher, ville du Darfour tombée aux mains des paramilitaires après des mois de siège, s’est largement vidée de sa population.
825.000 enfants de moins de cinq ans en malnutrition aiguë sévère en 2026
L’IPC estime que 825.000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2026, représentant une hausse de 7% par rapport à 2025.
Les enfants « arrivent dans des structures déjà débordées, trop faibles pour pleurer », décrit Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef, en avertissant que « davantage d’enfants mourront » en l’absence de mesures rapides.
L’IPC avertit en outre que les tensions au Moyen-Orient aggravent la crise, car elles entraînent une hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.
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