Du 21 au 23 avril, Léon XIV conclut son voyage dans le pays le plus catholique des quatre — et l’un des plus fermés d’Afrique. Une visite à la prison de Bata, 100 000 fidèles attendus à Mongomo, et la question qui ne se pose pas à voix haute : que fait le pape chez un dictateur ?
Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est au pouvoir depuis le 3 août 1979. Il a renversé son oncle Francisco Macías Nguema (dont le régime de terreur avait fait des dizaines de milliers de morts) par un coup d’État militaire. Depuis, il gouverne ce petit pays de 1,67 million d’habitants avec une poigne de fer, accumulant les condamnations internationales pour violations des droits humains. Il est le chef d’État non monarchique en exercice depuis le plus longtemps au monde.
C’est lui qui accueillera Léon XIV à l’aéroport de Malabo le 21 avril, avec sa femme Constancia Mangue. Vingt et un coups de canon. Tapis rouge. La Guinée équatoriale est pourtant le pays le plus catholique de la tournée : 74,78 % de catholiques, soit 1,25 million de fidèles sur 1,67 million d’habitants. L’évangélisation y a commencé il y a 170 ans, portée par des missionnaires clarettiens et jésuites arrivés par la mer, une histoire que le logo du voyage représente explicitement. Jean-Paul II y était venu le 18 février 1982 pour présider une messe à Bata. C’est le seul précédent. Léon XIV sera donc le deuxième pape à fouler ce sol, 44 ans plus tard.
La capitale officielle s’appelle désormais Ciudad de la Paz depuis un décret présidentiel du 2 janvier 2026 qui a transféré le statut de capitale à cette ville planifiée construite en forêt équatoriale sur le continent. Malabo reste cependant le centre administratif provisoire. Le pape y bénira la première pierre de la future cathédrale de la nouvelle capitale, geste symbolique fort dans un pays qui affiche sa foi catholique comme marqueur identitaire national.
La visite d’une prison locale
Deux moments concentrent l’attention. Le 22 avril à Mongomo, village natal d’Obiang, dans la province Wele-Nzas à la frontière gabonaise, une messe dans la basilique de l’Immaculée-Conception, deuxième plus grande d’Afrique après celle de Yamoussoukro, devant environ 100 000 fidèles. L’édifice néogothique, inspiré de Saint-Pierre de Rome, a été construit par le gouvernement comme symbole de prestige national. Léon XIV y célébrera en espagnol, seule nation hispanophone d’Afrique.
Le même jour, à Bata sur la côte continentale, le pape entrera dans la prison locale en fin d’après-midi. Une visite à haute charge symbolique dans un pays où les conditions carcérales sont régulièrement dénoncées par les organisations de droits humains. Les détenus lui offriront une croix de bois fabriquée de leurs mains. C’est le geste le plus fort du voyage en Guinée équatoriale.
Avant de quitter Bata, Léon XIV s’arrêtera devant le mémorial des victimes de l’explosion du 7 mars 2021. Des dépôts de munitions militaires avaient alors soufflé un quartier entier, tuant plus de 107 personnes. Les circonstances exactes n’ont jamais été entièrement élucidées.
Puis retour à Malabo, messe au stade le 23 avril, et départ vers Rome à jeudi 23 avril. La conférence de presse en avion aura lieu durant ce vol de six heures. C’est là, traditionnellement, que les papes parlent le plus librement. Léon XIV répondra aux questions des journalistes.
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