Guinée : le Collectif des membres du comité national permanent et du secrétariat technique du cadre de dialogue Inclusif inter guinéen, officiellement lancé à Conakry

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Le Collectif des Membres du Comité National Permanent et du Secrétariat Technique du Cadre de Dialogue Inclusif Inter-Guinéen a été officiellement lancé ce mardi 23 juin, à Conakry. L’annonce de cette création a été faite par les membres du Collectif à travers une déclaration solennelle, avec pour objectif principal la préservation des acquis du dialogue national.

Les initiateurs ont insisté sur la nécessité de « garantir le respect des textes de la République » et de préserver la mémoire d’un processus qu’ils qualifient d’« expérience majeure de concertation politique, sociale et citoyenne ».

Préserver un héritage institutionnel

Selon les membres du collectif, la création de cette structure répond à une inquiétude : celle de voir les efforts consentis dans le cadre du dialogue inclusif tomber dans l’oubli : « Nous refusons que l’une des plus importantes expériences de concertation politique, sociale et citoyenne de l’histoire récente de notre pays tombe dans l’oubli », a déclaré Amadou Barry, le coordinateur du collectif.

Ils rappellent que le cadre du dialogue inclusif inter-guinéen, institué par décret présidentiel, ainsi que ses organes – le Comité national permanent et le Secrétariat technique – créés par arrêtés du Premier ministre, n’ont jamais été officiellement abrogés. À ce titre, ces structures demeurent, selon eux, des acquis juridiques et institutionnels qu’il convient de clarifier et de valoriser.

Un processus structuré et des résultats concrets

Le collectif a également dressé le bilan du dialogue, mettant en avant un travail de fond mené par 242 représentants sociopolitiques, 13 représentants du gouvernement et du CNRD, ainsi que plusieurs observateurs et experts techniques.

Treize groupes thématiques ont été constitués pour plancher sur des sujets clés tels que le recensement de la population, la mise en place du fichier électoral, l’élaboration de la nouvelle Constitution ou encore l’organisation des élections.

Au terme de 26 jours de concertations, 35 résolutions nationales ont été adoptées, constituant, selon les membres du collectif, une base essentielle pour la construction institutionnelle du pays.

Un appel à la reconnaissance et à la relance du dialogue

S’adressant au Président de la République, le collectif a formulé plusieurs requêtes, dont une audience officielle afin de présenter sa démarche. Il plaide notamment pour : « La reconnaissance officielle du travail accompli. Cette reconnaissance constituerait un acte de considération envers toutes celles et tous ceux qui ont consacré leur temps, leur énergie et leurs compétences au service de la paix et de la stabilité nationale. La préservation de la mémoire institutionnelle du dialogue à travers la documentation, l’archivage, la valorisation des travaux réalisés et la transmission de cette expérience aux générations futures. La relance effective de la maison du dialogue afin d’en faire un espace permanent de concertation, de prévention, de crise et de promotion de la cohésion nationale. La régularisation de nos primes impayées durant 20 mois, conformément aux actes administratifs régulièrement pris dans le cadre du fonctionnement des structures concernées. La valorisation des femmes et des hommes qui ont servi la République dans ce processus, parce que reconnaître les bâtisseurs de paix est une exigence de justice, de mémoire et de responsabilité ».

Le collectif a également salué le rôle des facilitatrices du dialogue ainsi que celui de l’ancien Premier ministre, Dr Bernard Goumou, pour son implication dans la conduite des concertations.

Par ailleurs, les membres du collectif ont tenu à préciser que leur action ne s’inscrit pas dans une logique d’opposition : « le lancement officiel de notre collectif ne constitue pas une opposition à une institution, à une autorité ou à une orientation politique. Il constitue un acte de mémoire, de responsabilité et de fidélité aux principes qui ont guidé le dialogue inclusif inter guinéen ».

Réaffirmant leur attachement aux valeurs de paix, de cohésion sociale et de gouvernance participative, ils se disent disponibles pour accompagner les autorités dans la consolidation des acquis et la construction d’une « Guinée nouvelle ».

Sadjo Bah

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