Guinée : première Semaine nationale des archives pour moderniser la mémoire et les documents historiques
Le Secrétariat général du Gouvernement (SGG) a officiellement lancé, ce lundi, une nouvelle initiative destinée à marquer un tournant dans la gestion du patrimoine documentaire du pays. À l’occasion d’une conférence de presse tenue au siège du porte-parolat du gouvernement à Conakry, les autorités ont annoncé l’organisation de la toute première Semaine nationale des archives en Guinée, une initiative inédite depuis les indépendances.
Présentée sous la présidence du Ministre Secrétaire général du Gouvernement, Benoît Kamano, cette rencontre a permis de détailler les ambitions de cet événement prévu du 25 au 30 juin 2026 à la plage de Camayenne. Au-delà de la simple commémoration, il s’agit pour les autorités de créer un cadre national de réflexion, d’échange et de valorisation autour des archives et de leur rôle dans la construction de la mémoire collective.
Durant cette semaine, panels, expositions, ateliers, projections et échanges intergénérationnels viendront rythmer les activités. L’objectif est clair : replacer les archives au centre du débat public et sensibiliser l’ensemble des acteurs sur leur importance dans la préservation de l’histoire nationale.
S’exprimant sur la portée de cette initiative, le SGG a insisté sur son caractère inédit et sur la volonté d’en faire un événement inclusif et structurant. Il a notamment expliqué : « la semaine nationale des archives de Guinée, c’est une première pour nous de célébrer les archives pour la Guinée et pas que sur une journée, mais sur une semaine avec plusieurs thématiques, des panels, des discussions, des visites, des conférences..Ce qui nous permettra d’aborder le sujet des archives sur tous les plans : leur collecte, leur mise à disposition, leur vulgarisation et peut-être parler des archives du futur, de la numérisation, de l’accès aux archives numériques à travers les data centers, les téléphones mobiles et le cloud ».
Selon Benoît Kamano, cette démarche ne se limite pas à une célébration symbolique. Elle s’inscrit dans une vision plus large de modernisation et de transformation du secteur documentaire, avec un accent particulier sur la numérisation et l’accessibilité des données.
Dans cette même logique, il a également rappelé l’ambition de faire des archives un outil de construction nationale partagé : « nous voulons rendre cela concret, nous voulons que des étudiants, des professionnels, des historiens contribuent à la co-construction de notre histoire et rendent accessibles les archives de notre pays ».
Abordant la dimension politique et citoyenne du projet, le ministre a évoqué la vision du Chef de l’État, soulignant une volonté d’ouverture et d’inclusion. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les citoyens dans la gestion de la mémoire nationale, y compris ceux qui détiennent des archives privées : «une Guinée fondée sur un passé commun, un présent commun et un avenir commun. C’est ça une nation.Vous avez raison, nos aînés sont en possession de certaines archives dont nous n’avons pas connaissance… Cette semaine est aussi l’occasion de mettre à contribution tous les citoyens de manière responsable ».
Dans le cadre de cette initiative, plusieurs partenaires internationaux sont également associés, en raison de l’histoire partagée entre la Guinée et certains pays. Des invitations ont notamment été adressées à des partenaires étrangers, dont la France, ainsi que d’autres pays africains comme l’Algérie et le Sénégal. Le SGG a précisé que cette ouverture vise à enrichir les échanges autour des questions de mémoire et de documentation historique.
Au-delà de l’événement lui-même, les autorités annoncent également une réforme en perspective du cadre juridique régissant les archives en Guinée. Une réforme jugée nécessaire pour adapter le secteur aux réalités actuelles, notamment la transformation numérique. « Nous allons travailler sur la loi sur les archives afin d’élargir la palette et la protection des archivistes, mais aussi d’intégrer les archives numériques pour que les jeunes puissent y accéder facilement », a indiqué le SGG.

Du côté des acteurs culturels et éditoriaux, l’initiative est accueillie comme une opportunité de rapprochement entre chercheurs, historiens et institutions. Le représentant de la maison d’édition Harmattan Guinée a salué cette dynamique, estimant qu’elle permettra de mieux connecter les différentes parties prenantes de la mémoire nationale : « cette semaine nous permettra de mettre en relation les historiens, les chercheurs et les institutions chargées de la gestion des archives dans notre pays.On a beaucoup de citoyens qui gardent encore des archives privées… Il faut les mettre à la disposition des institutions formelles pour faciliter un accès global ».

De son côté, la Directrice générale de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a détaillé le programme de cette semaine thématique, tout en soulignant les défis liés à la collecte et à la conservation de certaines archives, notamment orales et privées : « nous aurons six jours consécutifs d’activités : expositions des bâtisseurs de la nation, panels, ateliers, projections de films et un brunch littéraire avec des auteurs».
Enfin, le Directeur général du Centre de documentation administrative a rappelé la portée pédagogique de cette initiative, notamment pour les étudiants et les chercheurs : « c’est pour faciliter le travail des étudiants, des enseignants et de tous ceux qui sont dans la recherche… Il faut connaître où se trouvent les archives et savoir où aller ».
Avec cette première édition de la Semaine nationale des archives, la Guinée entend amorcer une nouvelle dynamique autour de la mémoire collective, en renforçant l’accès aux documents historiques et en accélérant la transition vers une gestion plus moderne et numérique de ses archives.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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