« J’ai satisfait le désir, je n’ai pas obligé » : le lobbyiste Robert Bourgi réagit sur RTL après l’ouverture d’une enquête contre Dominique de Villepin
Il avait déjà fait tomber François Fillon. Après les costumes en 2017, le lobbyiste Robert Bourgi est impliqué dans une autre affaire concernant Dominique de Villepin. Ses révélations sur les statuettes de Napoléon offertes au candidat potentiel à l’élection présidentielle quand il était ministre des Affaires étrangères ont conduit le parquet national financier (PNF) à ouvrir une enquête préliminaire mardi 19 mai des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes.
Robert Bourgi, ancienne figure de la Françafrique, se félicite de l’ouverture d’une enquête par le parquet national financier.
Dans une émission de Complément d’enquête, il avait affirmé avoir servi d’intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin deux statuettes de Napoléon, dont une payée par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci.
« Recevoir comme ministre des Affaires étrangères des cadeaux de 50.000 et de 75.000 euros venant d’étrangers, je trouve ça anormal », dénonce Robert Bourgi au micro de RTL. Pourtant, le lobbyiste a participé à l’achat et à la remise de ses cadeaux. « J’ai satisfait le désir de Dominique de Villepin. Je n’ai pas obligé », se défend-il.
« Je n’avais pas en tête de m’en servir un jour contre Dominique de Villepin »
L’ancien homme d’affaires justifie ses révélations 20 ans après les faits : il n’a pas supporté les propos de Dominique de Villepin à l’égard de son ami Nicolas Sarkozy au moment de son incarcération, tout comme il n’avait pas supporté en 2017 que François Fillon cesse de répondre à ses appels. « François Fillon, s’il ne m’avait pas manqué pendant deux mois, jamais je n’aurais sorti cette histoire de costumes. Je n’aime pas l’ingratitude. J’ai le droit », assure Robert Bourgi.
Pour autant, l’homme se défend d’avoir tendu un piège à l’actuel potentiel candidat à la présidentielle : « Lorsque ces cadeaux ont été offerts, je n’avais pas en tête de m’en servir un jour contre Dominique de Villepin. »
L’ancien ministre des Affaires étrangères a rendu les deux bronzes au quai d’Orsay. « C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter », a déclaré en mai l’ex-Premier ministre, rappelant qu’il « n’y avait pas d’encadrement de ces situations à l’époque ».
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