Jean-Pierre Ondounda : « nous appelons les populations à faire confiance à la démarche engagée » | Lunion.ga

L’Union• La SNI fait l’objet de critiques de la part des habitants de derrière Berthe et Jean. Quel est concrètement le projet envisagé sur ce site ?

-Jean-Pierre Ondounda : Je tiens d’abord à rassurer les populations sur un fait : la Société nationale immobilière n’est pas dans une logique de dépossession, mais bien dans une démarche d’organisation et de valorisation du foncier au bénéfice de tous. Le site situé derrière Berthe et Jean s’inscrit dans un programme global d’aménagement visant à structurer l’espace urbain, à améliorer les conditions de vie des populations et à intégrer des équipements collectifs essentiels. Notre objectif est de transformer des zones aujourd’hui peu organisées, en véritables quartiers modernes, viabilisés et durables, conformément à la vision des plus hautes autorités.

En d’autres termes ?

-C’est un projet d’envergure que nous sommes en train de mettre en oeuvre sur ce site qui concerne entre 24 000 et 30 000 parcelles que nous devons mettre à disposition pour installer jusqu’à 500 000 personnes. Donc, si nous n’y prenons garde d’organiser l’espace maintenant, nous allons nous retrouver dans la situation des quartiers désorganisés et désintégrés de Libreville et d’autres grandes villes du Gabon. Avec les conséquences que nous connaissons : le grand banditisme, les problèmes d’assainissement, les mauvaises conditions sanitaires, etc. Il s’agit donc d’organiser l’espace, tracer les voies de communication pour faciliter l’installation des réseaux d’eau et d’électricité, mais aussi de réalisation d’autres investissements publics. Pour résumer, le projet consiste en l’aménagement d’un espace de vie moderne, à l’image d’Angondjé, avec tous les équipements collectifs nécessaires.

L’incompréhension persiste entre vos agents et les populations quant à la nature des opérations en cours. S’agit-il d’une régularisation foncière ou d’un morcellement des parcelles ?

-Il est important de lever toute ambiguïté : l’opération en cours à Essassa est avant tout une opération de régularisation foncière du cadre bâti existant. Cela signifie que les occupants ayant effectivement construit sont accompagnés dans un processus de sécurisation de leur situation foncière. En revanche, les espaces non bâtis ne peuvent être considérés comme acquis de facto. Dans un souci d’équité et d’optimisation du foncier, la SNI procède à une réorganisation rationnelle de l’espace, afin de respecter les normes d’urbanisme, permettre la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD), et réserver des emprises pour les équipements publics et collectifs. Il ne s’agit donc pas d’un morcellement arbitraire, mais d’un aménagement structuré et planifié.

Pourquoi n’avoir pas donné, dès le départ, toutes ces informations aux populations qui y vivent bien avant l’arrivée de la SNI ?

-Il faut comprendre que le site d’Essassa, aujourd’hui, est un titre foncier de la SNI. Les gens vont dire effectivement qu’ils sont là depuis des décennies, mais ils n’ont pas de documents légaux qui leur permettent de revendiquer ces terrains. C’est vrai qu’ils vivent là, mais nous ne leur avons pas interdit cette jouissance de parcelles. Ce que nous voulons faire aujourd’hui, c’est leur donner des droits légaux sur ces terrains- là. Donc si quelqu’un a bâti, nous le régularisons, conformément aux instructions des plus hautes autorités. De 1 à 2 000 m², nous régularisons à 600 000 FCFA. De 2 000 m² à 4 999 m², c’est 1 200 000 FCFA. Là aussi, il faut justifier que vous occupez cet espace plus ou moins entièrement. Mais si vous n’avez qu’une maison d’une chambre par exemple, et vous réclamez 5 000 m², il serait difficile pour nous de vous donner cette superficie. Surtout qu’il y a des voies de communication et des ouvrages d’assainissement à aménager. Il faut savoir, par ailleurs, qu’il y a un problème sur les terrains sur lesquels les gens ont bâti. En effet, une enquête nous a permis de constater que sur la plupart des terrains nus, un a été vendu à plusieurs personnes. Voilà pourquoi nous morcelons l’espace pour mieux l’organiser. Dans ce morcellement, la SNI intègre le cadre bâti. Pour le cadre non bâti, c’est à notre appréciation. Si maintenant vous estimez que vous êtes là depuis et que vous souhaitez conserver ce terrain-là, nous vous le céderons aux conditions que nous avons fixées, à savoir 5 500 FCFA le mètre carré. Les habitants d’Essassa, qui veulent s’acheter ces parcelles, ont le droit de venir à la SNI pour une attribution.

Ne craignez-vous pas un durcissement de la position des populations ?

-Il y a deux ou trois ans, des gens vendaient des terrains comme des petits pains dans la zone, par le biais d’une pancarte installée à l’entrée de Berthe et Jean, sur la Nationale 1. Et c’est ce qu’ils veulent reproduire aujourd’hui. Par le couvert de l’opération de régularisation foncière, ils veulent prendre 5 000 m2 à 600 000 000 FCFA ou 1 200 000 FCFA pour les revendre ensuite à 15 000 FCFA le mètre carré. Or, nous sommes dans une démarche de régularisation foncière pour accompagner l’organisation de l’espace urbain. Donc tout ce qui est planification est une vision des plus hautes autorités pour l’habitat au Gabon. Si les autres communes se développent, il n’y a pas de raison que les zones comme Essassa ne se développent pas aussi.

Pour finir, à quoi doivent s’attendre les habitants du site ?

-Ils doivent s’attendre à plusieurs évolutions positives. Sur la sécurisation foncière, les personnes éligibles bénéficieront de titres ou de documents leur garantissant une occupation légale et sécurisée. Sur l’amélioration du cadre de vie, les zones concernées feront l’objet d’aménagement incluant routes et accès structurés, réseaux d’assainissement, éclairage public et équipements collectifs (écoles, centres de santé, espaces verts…). Derrière tout ça aussi, nous voulons plus d’équité dans l’accès au foncier. La SNI veille à une répartition juste et équilibrée des parcelles, afin de permettre au plus grand nombre de citoyens d’accéder à un terrain. En conclusion, la SNI agit dans une logique d’intérêt général. Nous comprenons les inquiétudes, mais nous appelons les populations à faire confiance à la démarche engagée. Celle-ci vise à bâtir des villes mieux organisées, plus inclusives et durables.

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