JP LeBlanc en était à sa cinquième nomination aux East Coast Music Awards (ECMA). Étant reparti bredouille les quatre fois précédentes et étant, cette année, l’un des trois seuls artistes francophones – avec La Famille LeBlanc qui a aussi remporté un prix dans la catégorie Album francophone de l’année ainsi que Lennie Gallant, récompensé pour un album anglophone – finalistes au Gala de l’Association de la musique de la côte Est (AMCE), il s’attendait surtout à passer une belle soirée et profiter du spectacle sans avoir à faire, ô surprise, du cardio-minute afin de monter chercher un prix.
Or pour la première fois en près de 25 ans de carrière – vous avouerez d’emblée qu’il ne l’a pas volé –, JP LeBlanc a entendu prononcer son nom en tant que gagnant dans la catégorie de l’Album blues de l’année pour son dernier-né, All In My Blood / Je l’ai dans l’sang. Dimanche soir au Centre 200 de Sydney en Nouvelle-Écosse où avait lieu le gala, ému, le tout jeune quarantenaire a gravi les quelques marches de la scène d’un pas léger pour aller cueillir, ainsi qu’il surnomme son prix, son «p’tit Grammy».
«Évidemment, quand on fait un métier comme le mien, on ne le fait pas pour gagner des prix à la base. Mais cet album-là représente trois ans d’écriture; je pense que je n’ai jamais travaillé aussi fort et aussi longtemps sur un projet musical», atteste l’artiste en entrevue par vidéo, ajoutant au passage que les ECMA ayant un rayonnement maritime et pas seulement provincial ou territorial, cette reconnaissance ajoute une plus-value à ce projet réalisé et enregistré à Nashville par l’une de ses idoles, Colin Lindel, qui s’assied aussi derrière la console à l’occasion.
«Je peux être fier d’avoir un produit que je peux écouter dans mon char, et je le suis, mais recevoir une telle récompense alors que je roule ma bosse dans les Maritimes depuis plusieurs années, c’est très spécial et ça fait bien.»
Sa renommée dans cette région du pays ne s’est d’ailleurs pas essoufflée, a constaté JP LeBlanc au cours d’un spectacle-vitrine qu’il offrait samedi soir en marge du rendez-vous annuel de l’AMCE.
«Beaucoup de gens sont venus me parler après le spectacle et se souvenaient de m’avoir vu performer au début des années 2000. Certains évoquaient même un festival qui se tenait non loin de Sydney et auquel j’avais participé à cette époque-là», souligne JP LeBlanc, déclenchant chez lui comme un parfum de nostalgie de ces jeunes années ou le «bébé Stevie Ray Vaughan» au visage encore poupin clamait ses premières notes devant public et sur disque.
«Ça me rappelait tout ça et le fait que j’ai arrêté pendant 15 ans avant de revenir à la musique avec pleins de doutes et de questionnement à savoir est-ce que j’allais être capable de reprendre là où j’avais laissé tout en gagnant en maturité. Mais c’est évident que je ne suis pas revenu au même niveau que j’étais en 2002. C’est complètement différent.»
Ce premier prix de l’AMCE est d’autant plus symbolique qu’il s’agit de sa première nomination en l’absence de son père (décédé subitement il y aura bientôt un an, en juillet), qui l’avait accompagné aux quatre galas précédents.
«Mon père venait avec moi, mais il faisait aussi toutes sortes de choses, dont un peu de promo, un peu de peer talking; il était presque mon gérant. Je lui ai dédié mon prix samedi soir, pendant les remerciements», confie le tristounet mais néanmoins fier rejeton avant de retourner doucement sa caméra pour nous montrer que le trophée sied bien en place à côté d’une magnifique photographie sur trépied de son papa disparu.
Crédit: Lien source