Justice et erreurs judiciaires : au nom du peuple… mais lequel ?

Certains, notamment en France, ont parlé de ‘‘République des juges’’ ou de ‘‘gouvernement des juges’’ pour dénoncer l’influence supposée ou réelle des magistrats sur la vie politique. Nous n’irons pas jusque-là. Chez nous, les juges ne gouvernent pas. Enfin… officiellement.

Mais il faut bien reconnaître que nous leur avons confié un pouvoir presque divin : celui de priver un homme de liberté, de l’arracher à sa famille, de détruire parfois sa carrière et sa réputation, avant même qu’il soit définitivement reconnu coupable. Et comme tout pouvoir divin exercé par des humains, celui-ci connaît parfois quelques… petits ratés.

Imaginez un homme accusé de détournement de deniers publics. On l’enferme pendant quatre ans. Ses avocats protestent, produisent des documents, invoquent le droit, démontrent, expliquent. Rien n’y fait. Quatre années passent. Puis, un beau matin, la justice découvre que l’homme est innocent.

Formidable ! Il est libre des premières accusations !

Mais qui lui rend ses quatre années ? Qui indemnise ses enfants pour les actes manqués du papa ? Qui répare son honneur, sa santé, sa vie professionnelle ? Mystère. La justice a parlé. Circulez ! NB : Toute ressemblance avec le cas Kassory ne saurait être que pure coïncidence !

Imaginez encore un responsable emprisonné pour des faits non établis. Ou mieux : pour des irrégularités commises sous la gestion de son prédécesseur. À ce rythme, bientôt, le nouveau locataire d’une maison répondra des factures impayées de l’ancien occupant. (re) NB : Toute ressemblance avec des faits récents au parquet spécial de la CRIEF serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d’une coïncidence !

Et surtout, ne posez pas trop de questions ! On vous opposera le majestueux ‘‘secret de l’instruction’’. Un secret parfois si bien gardé que tout le monde connaît déjà les accusations, les montants supposément détournés et les détails du dossier… sauf peut-être la défense de manière officielle.

Quant aux décisions de justice, on nous rappelle qu’elles doivent être respectées. Certes. Mais respecter une décision signifie-t-il renoncer à la critiquer ? Depuis quand la justice est-elle devenue une religion, le jugement un texte sacré et le magistrat un prophète infaillible ?

Les juges sont des hommes et des femmes. Ils peuvent se tromper. Ils peuvent aussi abuser de leur pouvoir. Et lorsqu’un pouvoir ne supporte plus les questions, ce n’est plus la justice qu’il protège : c’est son confort.

Alors, une question demeure : pour qui travaillent nos juges ? Théoriquement, au nom du peuple.

Mais puisque le peuple se plaint, il serait peut-être temps de lui demander s’il se reconnaît encore dans cette justice rendue en son nom.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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