La France accuse le renseignement russe d’avoir mené une campagne de cyberespionnage contre plusieurs institutions

Ben Amed Azize Zougmore

13 Juillet 2026Mise à jour: 13 Juillet 2026

La France a accusé lundi le Service fédéral de sécurité russe (FSB) d’avoir mené, depuis plusieurs années, une campagne de cyberespionnage visant plusieurs institutions françaises, dont les ministères des Armées et des Affaires étrangères.

Dans un communiqué, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a dénoncé « des activités cyber malveillantes persistantes à des fins d’espionnage conduites par le 16e Centre du Service fédéral de sécurité russe (FSB), et plus particulièrement son unité 61240, chargée du ciblage de la France ».

Selon le Quai d’Orsay, plusieurs entités françaises ont été visées par cette campagne d’attaques.

Parmi les incidents recensés figurent le ciblage de comptes de messagerie du ministère des Armées depuis 2017, une intrusion dans le réseau de l’ambassade de France à Moscou en 2018, le piratage d’un serveur appartenant à une entité du secteur de la justice en 2019, ainsi qu’une attaque menée en février 2025 contre un institut de recherche sur les technologies sensibles travaillant pour l’industrie française de défense.

Cette dernière opération a conduit à « l’exfiltration d’un volume significatif de données », a précisé le ministère.

Ces annonces interviennent alors que l’Union européenne a adopté lundi de nouvelles sanctions contre neuf personnes et quatre entités accusées d’être impliquées dans des activités cyber liées à la Russie visant l’UE, ses États membres et des partenaires internationaux.

Selon le Conseil de l’Union européenne, les sanctions ciblent des officiers du renseignement militaire russe (GRU), des cybercriminels, des groupes se présentant comme des « hacktivistes » ainsi que des entreprises privées soupçonnées d’avoir participé à des opérations de déstabilisation.

L’UE accuse également le Service fédéral de sécurité russe (FSB) de contrôler plusieurs groupes de cybermenaces, dont TURLA, et de mener des opérations d’espionnage et de perturbation contre des cibles européennes.

Bruxelles affirme que plusieurs États membres, dont la France, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Roumanie, la Slovaquie, la Finlande et Chypre, ont été affectés par des cyberactivités attribuées à la Russie.

La Russie a, de son côté, affirmé qu’elle apporterait une « réponse appropriée » aux nouvelles sanctions imposées par l’Union européenne et le Royaume-Uni en raison de présumées opérations cyber et hybrides russes en Europe.

« Moscou apportera une réponse appropriée », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères à l’agence de presse publique RIA.

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