La France appelle à la désescalade au Moyen-Orient et confirme le départ de diplomates burkinabè

La France a annoncé avoir demandé au personnel diplomatique burkinabè de quitter son territoire dans un délai de sept jours, en réponse à la rupture des relations diplomatiques décidée par Ouagadougou, tout en multipliant les appels à la désescalade au Moyen-Orient et en réaffirmant ses positions sur le Liban, la Syrie, Gaza et l’Afghanistan. Ces déclarations ont été faites jeudi lors du point de presse hebdomadaire du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

Le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux a indiqué que le chargé d’affaires de l’ambassade du Burkina Faso à Paris avait été convoqué lundi dernier et qu’il lui avait été signifié, « dans un esprit de réciprocité », que les diplomates burkinabè devaient quitter la France sous sept jours.

Paris a précisé ne disposer d’aucune information concernant d’éventuelles demandes d’asile formulées par des diplomates burkinabè et a indiqué que le départ du personnel concerné avait été mis en œuvre.

La France a par ailleurs réitéré son regret face à la décision « unilatérale » des autorités burkinabè de rompre les relations diplomatiques et a indiqué qu’elle poursuivait la réorganisation de son dispositif diplomatique dans le pays.

Appel au respect du cessez-le-feu avec l’Iran

Concernant la situation au Moyen-Orient, le Quai d’Orsay a condamné les tirs de missiles iraniens vers la Jordanie et appelé au « respect absolu » du cessez-le-feu conclu le 14 juin.

Paris a estimé que toutes les frappes menées en violation du droit international et du cessez-le-feu étaient « inacceptables » et a réaffirmé sa solidarité avec la Jordanie, Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Qatar.

La diplomatie française a également appelé à éviter toute escalade et à reprendre les négociations prévues dans le cadre du protocole d’entente de soixante jours, estimant qu’aucun acteur n’avait intérêt à une reprise de la conflictualité et à ses conséquences économiques, notamment pour l’Europe.

Paris a en outre indiqué être prête à contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, notamment au moyen de capacités de déminage et d’escorte maritime.

La France salue l’accord « historique » entre Israël et le Liban

La France a qualifié d’« historique » l’accord conclu le 26 juin à Washington entre Israël et le Liban, estimant qu’il témoignait du « courage » des autorités libanaises d’avoir accepté d’ouvrir des discussions directes avec les autorités civiles israéliennes.

Paris a indiqué que son objectif était désormais d’assurer la mise en œuvre de cet accord, à travers le respect du cessez-le-feu, l’amorce du retrait israélien et le désarmement « effectif, contrôlé et complet » du Hezbollah.

La France a également proposé la mise en place d’une coalition internationale ad hoc destinée à appuyer l’armée libanaise et a affirmé travailler sur un dispositif « post-FINUL », dont les modalités de planification devraient être précisées d’ici la fin de l’été. Elle s’est par ailleurs dite prête à accueillir une future conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises et aux forces de sécurité intérieure.

Le Quai d’Orsay a également souligné que Paris était disposé à participer à la mise en œuvre de l’accord et à la mobilisation de la communauté internationale au profit de la souveraineté du Liban.

Interrogé sur la demande de Beyrouth d’obtenir un retrait israélien des « zones pilotes » et sur la poursuite des frappes israéliennes, le porte-parole a réaffirmé le soutien de la France à l’accord, sans avancer de calendrier pour un retrait israélien.

Il a indiqué que les modalités de négociation devaient désormais être définies par les parties concernées et a reconnu que la mise en œuvre de l’accord ne serait « probablement pas » facile. Il a toutefois souligné que « la voie et l’objectif sont clairs », à savoir le rétablissement de la souveraineté des autorités libanaises sur l’ensemble du territoire, le retrait de l’armée israélienne et le désarmement du Hezbollah.

Justice transitionnelle en Syrie

Évoquant la Syrie, la France a indiqué avoir obtenu des engagements des autorités syriennes concernant le traitement des crimes commis avant et après la chute du régime de Bachar al-Assad.

Paris a insisté sur l’importance de la justice transitionnelle, saluant la création de commissions d’enquête et estimant que les responsables des exactions devaient être traduits devant les tribunaux.

Selon le Quai d’Orsay, cet enjeu est essentiel tant pour la stabilité future de la Syrie que pour sa réintégration dans le concert des nations.

Des contacts avec les talibans sans « logique de normalisation »

La France a également confirmé avoir initié des contacts avec les talibans afin de faciliter le retour vers l’Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière et considérés comme représentant une menace à l’ordre public.

Le Quai d’Orsay a toutefois assuré qu’« aucune logique de normalisation » n’existait avec les talibans et a réaffirmé ses préoccupations concernant le respect des droits humains, en particulier ceux des femmes en Afghanistan.

Sahara occidental et question palestinienne

Interrogée sur la visite du Premier ministre français au Maroc, la diplomatie française a réaffirmé sa position sur le Sahara occidental, estimant que l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine constituait « la seule base » permettant d’aboutir à une solution politique « juste, durable et mutuellement acceptable ».

Sur le dossier palestinien, la France a réitéré son soutien à la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, comprenant le désarmement du Hamas, le retrait de l’armée israélienne et le déploiement d’un comité technique palestinien chargé de préparer le retour d’une Autorité palestinienne réformée.

Le Quai d’Orsay a par ailleurs appelé à une augmentation massive de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne et a dénoncé la « trajectoire d’annexion de facto » de la Cisjordanie ainsi que les violences des colons extrémistes.

Paris a également rappelé soutenir des mesures européennes visant à restreindre les importations de produits issus des colonies israéliennes et a exprimé ses réserves concernant les projets israéliens de « villes humanitaires » à Gaza, estimant que la priorité demeurait la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu.

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