Le groupe français anticipe une croissance supérieure à celle de ses concurrents, confirmant sa stratégie axée sur la data, l’intelligence artificielle et les acquisitions.
Publicis a annoncé jeudi 16 juillet 2026 une révision à la hausse de ses prévisions annuelles de croissance organique pour l’année en cours, désormais comprises entre 4,5 et 5%. Le groupe français, numéro deux mondial du secteur en chiffre d’affaires depuis la fusion entre Omnicom et IPG, surperforme le marché pour la septième année consécutive.
Une croissance solide au premier semestre
La croissance organique du groupe s’est accélérée au deuxième trimestre, atteignant +4,8%, tirée par l’activité en Europe (+5%), aux Etats-Unis (+5,5%) et en Chine (+7,5%). Publicis affiche également un taux de marge opérationnelle ajusté à un nouveau niveau record (17,5%). « Nous sommes confiants de pouvoir poursuivre sur la même dynamique au 2e semestre et de continuer à surperformer le marché, ce qui nous permet de relever nos prévisions annuelles à la hausse », déclare Arthur Sadoun, PDG de Publicis, qui fêtera l’an prochain ses dix ans à la tête du groupe fondé par Marcel Bleustein-Blanchet.
« Nos performances sont supérieures de 6% à celles de nos concurrents », souligne Arthur Sadoun. Depuis trois ans, le groupe creuse l’écart avec ses rivaux et, pour la septième année consécutive, il surperforme le marché. Malgré la fusion entre les deux acteurs américains, Publicis reste numéro un en capitalisation boursière (25,3 milliards de dollars).
Publicis capitalise sur une stratégie d’investissement dans la data et la technologie, avec 14 milliards d’euros investis en dix ans. Parmi les acquisitions majeures figurent Sapient en 2014, Epsilon en 2019, et LiveRamp en mai dernier pour 2,2 milliards de dollars, la troisième plus grosse acquisition jamais réalisée par le groupe. Ce rachat accompagne le virage vers l’intelligence artificielle agentique engagé ces derniers mois.
La plateforme interne d’intelligence artificielle Marcel, mise en place quelques mois après l’arrivée d’Arthur Sadoun, est aujourd’hui utilisée par les 114 000 salariés du groupe. Publicis a également séduit au premier semestre six nouveaux gros clients, parmi lesquels Microsoft, HP, American Airlines et Reckitt Benckiser, qui devraient générer 300 millions d’euros de nouveaux revenus.
Alors que certains concurrents procèdent à des rachats d’actions et à des licenciements massifs, Publicis poursuit sa politique de recrutements, avec 2 400 embauches depuis le début de l’année. Interrogé sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, Arthur Sadoun précise : « Nos collaborateurs ne seront pas remplacés par l’IA mais une partie des tâches qu’ils effectuent pourront être réalisées par la machine […] Cela représente environ 25% des tâches à moyen terme. Nous profitons de la croissance pour sécuriser les emplois et automatiser ce qui peut l’être ».
Dans une économie mondiale déstabilisée par des conflits et des tensions politiques et commerciales, Publicis entend continuer à accélérer sur tous les fronts. « Nous accélérons sur tous les fronts. Dans le contexte actuel de fébrilité des marchés, c’est une vraie performance », souligne Arthur Sadoun. « Nous sommes très optimistes pour l’avenir », conclut-il.
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