« La France n’est pas prête à la guerre des robots », assurent trois sénateurs Ronan Le Gleut (LR, Français établis hors de France), Hélène Conway-Mouret (SER, Français établis hors de France) et Étienne Blanc (LR, Rhône), dans un rapport d’information « La guerre des drones : l’urgence d’un sursaut stratégique français » lancé dans le cadre d’une mission d’information du Sénat sur les évolutions des drones, la lutte anti-drones et l’usage de l’IA dans ces domaines. Logiquement, ces trois sénateurs « tirent la sonnette d’alarme » et « appellent à un réveil stratégique afin de faire de la robotisation la colonne vertébrale des armées françaises ». Le rapport a été adopté mardi à l’unanimité par la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.
Face à la révolution des drones sur les théâtres d’opérations constatée lors des derniers conflits (Ukraine et Moyen Orient), les trois sénateurs estiment que « la France demeure dans une position intermédiaire ». Soit clairement dans un entre-deux qui n’est pas satisfaisant pour eux. Plus précisément, ils soulignent que « les efforts engagés depuis plusieurs années ont permis de combler une partie » du « retard originel » de la France « mais les volumes disponibles – quelques milliers – restent insuffisants pour atteindre une véritable masse critique ». Ils pointent du doigt « des insuffisances capacitaires » qui subsistent, notamment dans les domaines « des drones tactiques, des munitions téléopérées, des capacités d’appui dans la profondeur ou encore des capacités de lutte-anti-drones ».
Pour accélérer vraiment la transformation, via la robotisation,quant à elle des armées, les trois sénateurs recommandent au ministère des Armées « de faire de la dronisation, de la robotisation et de l’intelligence artificielle la colonne vertébrale du modèle d’armée français conventionnel, dans une logique de « dissuasion robotique ». Car, selon eux, « la France ne doit pas passer à côté de la guerre du futur ». Mais ils constatent que la préparation des armées est « encore largement orientée vers les conflits d’hier ». D’autant que la dispersion des moyens « donne le sentiment d’une juxtaposition de briques technologiques dépourvue d’une vision d’ensemble clairement définie ».
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