La France va « réadapter » son dispositif diplomatique au Burkina Faso, tout en poursuivant ses efforts sur l’Ukraine
La France a annoncé jeudi, par le biais du porte-parole adjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Glenn Salic, qu’elle allait « réadapter » son dispositif diplomatique au Burkina Faso, quelques jours après la rupture des relations diplomatiques décidée par Ouagadougou, tout en réaffirmant son soutien à l’Ukraine, sa préparation du sommet de l’OTAN à Ankara et la poursuite des discussions sur une mission multinationale de déminage dans le détroit d’Ormuz.
Paris prépare une réorganisation de son dispositif au Burkina Faso
Interrogé lors du point de presse hebdomadaire du Quai d’Orsay sur les conséquences concrètes de la rupture des relations diplomatiques avec le Burkina Faso, Glenn Salic a indiqué que Paris était en train d’adapter sa présence diplomatique dans le pays.
« Nous allons réadapter notre dispositif sur place. Je ne suis pas en mesure d’en dire davantage aujourd’hui, mais nous serons certainement en mesure de communiquer prochainement », a-t-il déclaré.
Le porte-parole n’a pas précisé si cette réorganisation entraînerait la fermeture de l’ambassade de France à Ouagadougou ni évoqué le sort des personnels diplomatiques.
Il a rappelé que la France avait « pris acte » de la décision des autorités burkinabè, tout en regrettant une mesure qu’elle considère comme « hostile et sans fondement ».
Questionné sur les accusations formulées par les autorités militaires burkinabè, selon lesquelles la France serait impliquée dans de récentes attaques terroristes au Burkina Faso, Glenn Salic les a catégoriquement rejetées.
« Les allégations qui ont été rendues publiques sont complètement fausses », a-t-il affirmé.
Le porte-parole a réitéré que la France condamnait « fermement toutes les attaques terroristes ainsi que les exactions commises à l’encontre des civils au Sahel ».
Il a également rappelé que l’engagement militaire français dans la région avait été conduit « à la demande des autorités locales » et aux côtés des armées sahéliennes, avant le retrait des forces françaises à la suite des décisions souveraines des États concernés.
« L’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme à travers le monde est connu de tous », a-t-il déclaré, rendant hommage aux soldats français morts au Sahel.
Il a enfin assuré que Paris poursuivait sa coopération sécuritaire avec les États de la sous-région qui en expriment le souhait.
La France poursuit les discussions sur la mission de déminage dans le détroit d’Ormuz
Le Quai d’Orsay est également revenu sur le projet de mission multinationale destinée à sécuriser la réouverture du détroit d’Ormuz.
Glenn Salic a indiqué que la France poursuivait ses consultations avec le Royaume-Uni, les États-Unis, Oman, l’Iran ainsi qu’avec les autres partenaires impliqués dans le projet.
Il a rappelé que Paris ne pouvait « accepter la mise en place d’une gestion unilatérale du détroit » qui serait contraire au droit international et au principe de liberté de navigation.
Selon lui, le déploiement de la mission dépendra à la fois de l’évolution des conditions sécuritaires et d’une décision politique commune des partenaires.
Interrogé sur la réduction apparente du nombre d’États associés à cette initiative, un journaliste relevant que le projet semblait être passé d’une cinquantaine à une quarantaine puis à une trentaine de pays partenaires, Glenn Salic n’a ni confirmé ni infirmé cette évolution.
« Je n’ai pas de réponse à ça. On va vérifier et on reviendra vers vous », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs indiqué que les discussions en cours devaient permettre de définir les modalités ainsi que le périmètre géographique de la future mission.
L’Ukraine au cœur des priorités françaises avant le sommet de l’OTAN
Le porte-parole a confirmé que le soutien à l’Ukraine constituerait l’une des principales priorités françaises lors du sommet de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara.
Il a toutefois indiqué que les discussions se poursuivaient entre Alliés sur le contenu de la déclaration finale du sommet, notamment concernant les références à l’Ukraine.
Selon lui, les objectifs de la France consistent à renforcer le soutien militaire, financier et industriel à Kiev, préserver l’unité de l’Alliance, promouvoir une Europe plus forte au sein de l’OTAN et maintenir la pression sur la Russie.
Le programme définitif du sommet, y compris une éventuelle réunion des ministres des Affaires étrangères, n’est pas encore arrêté, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la France a condamné les frappes russes menées dans la nuit du 1er au 2 juillet contre Kiev, qui ont fait plus d’une dizaine de morts, estimant qu’elles démontraient le « mépris » de Moscou pour le droit international humanitaire.
Macron en Syrie : le Quai d’Orsay renvoie vers l’Élysée
Interrogé à plusieurs reprises sur une éventuelle visite du président Emmanuel Macron en Syrie, Glenn Salic a déclaré ne disposer « d’aucun élément » concernant un tel déplacement et a renvoyé les journalistes vers l’Élysée.
Concernant la présence diplomatique française en Syrie, il a précisé que l’ambassade de France à Damas avait rouvert mais continuait, à ce stade, d’opérer depuis Beyrouth. Les diplomates français effectuent régulièrement des missions dans la capitale syrienne, tandis que des travaux sont en cours afin de permettre le fonctionnement complet de la représentation diplomatique depuis Damas.
Le porte-parole n’a pas souhaité commenter l’explosion signalée jeudi à Damas, indiquant en avoir pris connaissance au moment même de la conférence de presse.
Paris réaffirme son soutien au Liban
Au sujet du Liban, Glenn Salic a assuré que la France demeurait pleinement mobilisée pour soutenir la souveraineté du pays.
Il a indiqué que Paris avait œuvré pour que la situation au Liban soit pleinement prise en compte dans les discussions diplomatiques régionales et s’est dit prêt à participer à la vérification de la mise en œuvre des accords, notamment concernant le désarmement du Hezbollah par les forces armées libanaises.
Il a rappelé que la France, en coordination avec les États-Unis et l’Italie, proposait la mise en place d’une coalition internationale ad hoc, à l’invitation des autorités libanaises, afin de soutenir l’armée libanaise.
Enfin, Glenn Salic a confirmé que la France restait disposée à organiser une conférence internationale de soutien au Liban, tout en précisant qu’aucune date n’avait encore été arrêtée.
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