Ahmet Emin Donmez
29 Juin 2026•Mise à jour: 29 Juin 2026
Le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a qualifié d’« illégale » la décision du gouvernement français visant à mettre en vente l’immeuble abritant l’ambassade de Guinée équatoriale à Paris.
Dans un message publié sur son compte de la plateforme américaine X, Mangue a affirmé que la vente du bâtiment diplomatique situé sur l’avenue Foch, propriété de l’État équato-guinéen, constitue une violation du droit international et une mesure « illégale ».
Selon lui, l’ouverture d’une procédure d’appel d’offres concernant ce bien immobilier, au cœur d’un long différend judiciaire et diplomatique entre les deux pays, représente un acte unilatéral et hostile incompatible avec le respect qui doit prévaloir entre États souverains.
Le vice-président a également indiqué que la Guinée équatoriale ne reconnaît ni la base juridique ni les conséquences de cette vente, soulignant que les relations diplomatiques doivent être fondées sur le respect mutuel, la réciprocité et le droit international.
Mangue a par ailleurs averti que toute initiative susceptible d’entraver les activités de la mission diplomatique, d’expulser les diplomates ou de limiter l’usage du bâtiment entraînerait des mesures diplomatiques proportionnées. Il a notamment évoqué la possibilité, au nom du principe de réciprocité, de reprendre le bâtiment utilisé par la mission diplomatique française à Malabo et d’expulser les diplomates français.
Il a ajouté que si Paris maintient sa position unilatérale, la Guinée équatoriale se réserve le droit de réexaminer en profondeur ses relations diplomatiques avec la France, y compris la possibilité de les rompre, tout en réaffirmant sa volonté de défendre sa souveraineté et son indépendance.
Fils du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Mangue avait été condamné en 2017 par la justice française dans plusieurs affaires liées à des infractions financières. Cette condamnation avait été confirmée en appel en 2020.
En 2021, il a également été définitivement reconnu coupable de blanchiment de fonds issus de la corruption en France. La justice avait alors ordonné la confiscation de plusieurs de ses biens, dont l’immeuble situé sur l’avenue Foch.
La semaine dernière, le gouvernement français a annoncé que ce bâtiment serait vendu aux enchères et que les fonds issus de la vente seraient utilisés au bénéfice du peuple équato-guinéen.
Les autorités de Malabo soutiennent toutefois que l’immeuble est un bâtiment diplomatique appartenant à l’État de Guinée équatoriale et qu’il ne peut, à ce titre, faire l’objet d’une vente.
* Traduit du turc par Adama Bamba
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