« La liberté, c’est de choisir mon mode de vie » : des personnes vivant en habitat inclusif partagé ont manifesté à Bordeaux

Dans les inquiétudes exprimées, deux dimensions s’enchevêtrent. Le 20 mars, les gens habitant en petit collectif de trois à cinq personnes dans ces logements et qui ont recours sur place aux services d’aide à domicile de TCA ont reçu un courrier du pôle « solidarité autonomie » du Département de la Gironde les informant qu’il allait être procédé à une « réévaluation globale des plans de compensation du handicap ». Pour les besoins du quotidien, comme l’aide à la toilette ou les actes liés aux repas, mais aussi pour la vie sociale, le Département verse, à titre individuel, la prestation de compensation du handicap (PCH). « Les bénéficiaires refusent que ces évaluations se fassent », rapporte Lauriane Lemarinel, la directrice de TCA.

Parallèlement, c’est l’avenir de son association, présente en Gironde et en Eure-et-Loir, qui est en jeu. Le 8 avril, la collectivité départementale lui a signifié sa décision de supprimer la subvention en relation avec la revalorisation des salaires appliquée pour ses « 160 professionnels » dans le cadre d’un avenant de 2021 à la convention collective, soit une perte de 750 000 euros pour 2026. « Cela remet en cause notre pérennité économique », alerte sa responsable. « Ils ont choisi TCA pour faire des économies », lance au mégaphone son fondateur, Rodolphe Peter. « Le Département a du mal à reconnaître le modèle, estime la directrice. On dépasse un peu les cadres administratifs initiaux, puisqu’on est dans l’innovation. »

« Générosité »

Le concept même est salué. « La Gironde a été le premier département de France à développer de l’habitat inclusif, tient à rappeler Stéphane Corbin, le directeur des services du Département. Nous continuons à promouvoir ce modèle ». Par ailleurs, le montant de la PCH « est le plus élevé de France ». Explication : « La PCH est plafonnée à 3 h 15 par jour. Mais si la condition de la personne le nécessite, il y a la possibilité de la déplafonner, notamment pour de la surveillance de nuit ou en continu. La moyenne en France des plans d’aide déplafonnés est entre 4 et 5 %. En Gironde, c’est 10 %. C’est la fierté de notre département, une certaine forme de générosité. »

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